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Bruno Irles : "On savoure mais restons humbles"

lundi 21 décembre 2020 - 16:30 - Philippe MAYEN
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L'US Quevilly-Rouen Métropole vire en tête du National à la trêve. L'entraîneur normand, arrivé en début de saison, évoque le parcours et les ambitions de son équipe.

"Finir l’année dans le fauteuil de leader, c’est agréable ?
Cela n’était pas un objectif en soi. Pour le club et pour moi, l’objectif de départ était de créer rapidement une vraie dynamique avec ce groupe et d’être dans le bon wagon à la trêve, c’est-à-dire dans les cinq premiers. C’est une satisfaction de figurer dans ce groupe de tête et d’avoir su mettre en place, avec la direction du club et les joueurs, les conditions pour y être.

Une vraie hiérarchie semble se dessiner à presque mi-saison, après beaucoup de mouvements.
Ce championnat est déjà par nature difficile à lire. Quand on voit le SC Lyon, alors dernier, battre le SC Bastia ou le FC Annecy accrocher cette même équipe bastiaise jusqu’à la dernière minute ce week-end... Aucun match n’est donné en National et c’est ce qui fait son charme. On ne connaît jamais à l’avance la vérité du terrain, les écarts sont très resserrés. Le contexte a accru cette illisibilité. Certaines équipes ont compté jusqu’à quatre matches de retard cet automne. La situation est plus claire aujourd’hui, avec seize rencontres jouées pour tout le monde.

Ce championnat est excitant

 

 

Dans quelle mesure le coronavirus a-t-il perturbé votre première moitié de saison ?
80 % de l’effectif et la totalité de mon staff ont été touchés en même temps. Certains de nos adversaires aussi. Nous sommes restés plus d’un mois sans jouer puis, il a fallu disputer un match tous les trois jours. La gestion de la fatigue était différente selon les joueurs touchés par le Covid. En tenant compte des moyens - équilibrés mais réduits - à notre disposition en termes d’encadrement médical, nous sommes plutôt bien sortis de cette période.

QRM ne pointait pas forcément parmi les favoris cette saison, vous êtes d’accord ?  
Cela fait aussi partie des caractéristiques de cette compétition et c’est également pour cela que je l’apprécie, car y participer est excitant. On peut posséder l’avant-dernier budget des dix-huit clubs en lice et terminer en tête, comme nous avons réussi à le faire avec le Pau FC la saison précédente. Et on peut s’élancer avec un budget médian, comme c’est le cas cette année avec Quevilly-Rouen, et se dire que c’est quand même réalisable. Je ne pense pas que l’on puisse imaginer la même chose en Ligue 1.


Photo Jean-Marie Thuillier/QRM

Vous évoquez le Pau FC. Pourquoi avoir choisi de quitter un club accédant à la Ligue 2 pour rejoindre un autre évoluant en National ?
On me l’a souvent dit. Pour être sincère, si j’avais pu continuer à travailler à Pau comme cela s'est passé pendant un an et demi, je l’aurais fait. J’avais vraiment envie de monter avec mon groupe et de goûter à la Ligue 2 en tant qu’entraîneur. Bien entendu, j’ai envie de retourner en Ligue 2* et de voir plus haut après. Mais je veux y aller dans de bonnes conditions sportives, en choisissant mon groupe, en participant activant à la venue de joueurs que j’estime importants. Cela n’aurait pas été le cas si j’étais resté à Pau.

Et aujourd’hui, à Quevilly-Rouen ?
Je suis dans un club structuré qui a connu la Ligue 2 (2017-2018), avec des fonctions élargies aussi. Tout cela a pesé dans mon choix de venir ici et dans l’analyse de mon parcours d’entraîneur. C’était une véritable opportunité. J’avais la possibilité de rester à Pau mais je ne voulais pas être éventuellement jugé sur un recrutement qui n’aurait pas été le mien. Je veux être jugé sur ma valeur de manager. La Ligue 2 attendra un peu, je serai patient.

Je veux être jugé sur ma valeur

 

Votre position de leader ne crée-t-elle pas l’ambition d’une montée ?
Nous n’en sommes pas encore là, sans fausse modestie ni langue de bois. La phase aller n’est même pas finie. N’oubliez pas que nous étions déjà leaders au soir de la 9e journée et derrière, nous avons pris une claque [défaite 4-1 à Avranches] qui nous a fait redescendre. Faisons preuve d’humilité dans un championnat qui a vite fait de vous remettre à votre place. Le premier objectif était de redonner de l’ambition à ce club par nos résultats, d’être bien positionnés à la trêve. On y est, on savoure ce moment. On pourra peut-être parler de plus fin février ou début mars. On fera alors le point et on verra si on est dans le coup.

Le National est-il un championnat particulièrement formateur pour un jeune entraîneur ?
Absolument. À ce niveau, un entraîneur est obligé de toucher à tout. Bien sûr, je peux m’appuyer sur mon staff, dont je suis très content, mais il n’est pas pléthorique. Alors, je touche à la préparation physique, à l’aspect médical, au travail de vidéo-analyse et, bien sûr, j’anime moi-même mes séances d’entraînement. On ne peut pas se permettre de ne pas maîtriser un domaine en National, on est obligé de s’intéresser à tout. Mais c’est très bien, j’aime ça, cela apporte une expérience et une crédibilité pour plus tard."

*Bruno Irles a été entraîneur-adjoint à l’AC Arles-Avignon (L2) en 2014-2015.

QRM en chiffres

Classement : 1er, 31 points
Parcours : 9 victoires, 4 nuls, 3 défaites
Buts marqués : 29 (meilleure attaque)
Buts encaissés : 16 (cinquième défense)
Meilleurs buteurs : Andrew Jung (15, leader de ce classement), Ottman Dadoune (7)
Meilleur passeur : Yassine Bahassa (4)

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