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Richard Déziré : « À Créteil, les bases sont déjà là »

jeudi 7 janvier 2021 - 11:08 - Philippe MAYEN
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Avant la reprise du National, vendredi, le nouvel entraîneur de l'US Créteil Lusitanos évoque son arrivée dans le club val-de-marnais, son parcours, ses objectifs et sa vision du football.

"Avec quelles bonnes résolutions arrivez-vous à l'USCL en ce début de nouvelle année ? 
Je veux d'abord avoir une pensée pour mon prédécesseur, Carlos Secretario, contraint de passer la main en raison d'ennuis de santé. Ma première résolution est de m'inscrire dans une forme de continuité du travail déjà effectué, de ne pas chercher à révolutionner un club, un groupe et un staff qui vivent bien depuis deux ans et demi. Ensuite, d'amener au fur et à mesure certaines de mes idées, de mes principes, et un peu de mieux, c'est aussi pour ça que je suis là. L'équipe compte six points d'avance pour le maintien et six de retard sur la place de barragiste. Elle n'est pas en difficulté (7e du classement) et a réalisé une première moitié de saison intéressante. Je n'arrive pas dans une situation d'urgence, je le souligne car c'est assez rare lorsqu'un club change d'entraîneur en cours de saison. Cela a aussi dicté mon choix. 

Comment définiriez-vous vos principes ?
On sait que je suis un entraîneur qui essaye de bien faire jouer ses équipes, de mettre un peu de spectacle et de marquer des buts. Créteil est une équipe très bien organisée, cohérente, qui a concédé très peu de buts (meilleure défense), mais qui éprouve aussi des difficultés à être efficace devant (12 buts en 16 matches). Si je dois relever un petit souci, il réside dans cet aspect offensif, mais j'espère surtout que l'on ne perdra pas notre solidité défensive, et ces vertus de solidarité et d'abnégation qui sont aussi les miennes.

C'est un beau challenge

 

Vous êtes resté dix mois sans club après votre limogeage au Mans. Comment les avez-vous occupés ? 
Il m'a d'abord fallu accepter la situation, alors que j'avais beaucoup bossé et que je m'étais beaucoup investi, avec une grande loyauté en toutes circonstances, dans la reconstruction de ce club. On était parti de loin, on avait toujours dit que l'on ne devait pas brûler les étapes... Ҫa n'a pas été facile. J'ai pensé ensuite à bien récupérer après être resté dix-huit ans le nez dans le guidon, afin d'être frais et dispo lorsqu'une opportunité s'offrirait à moi. J'ai échangé avec des collègues entraîneurs, fait le bilan de mon parcours, voyagé à l'étranger, beaucoup travaillé mon anglais, discuté avec quelques clubs aussi. Créteil est un beau challenge pour moi, je me suis engagé pour six mois, selon une volonté commune. 

PROGRAMME DE LA 17E JOURNEE (8 et 11 janvier)

Avec quel objectif pour cette seconde partie de saison ? 
L'objectif dans un premier temps est de gagner les cinq ou six matches qui nous permettront de renouveler le bail en National et de donner de l'intérêt à notre parcours. L'idée est aussi d'ouvrir rapidement le compteur de victoires à l'extérieur, où l'équipe a beaucoup partagé les points. On va se déplacer dix fois au total, dont trois lors des quatre prochaines journées. Il y a dans ce championnat des clubs costauds, bien armés, ambitieux, cela ne sera pas simple. 

Le National a la réputation d'être un championnat difficile. Quelles en sont les spécificités ? 
C'est un championnat d'une très grande homogènéité dans sa composition. Tout le monde peut battre tout le monde, c'est un combat chaque week-end qui fait appel à beaucoup de vertus morales et mentales. Personne ne veut rien lâcher, toutes les équipes montrent beaucoup d'agressivité positive. C'est serré, on voit rarement un club caracoler seul en tête. Cela ne donne pas toujours une compétition ultra-qualitative mais elle se bonifie progressivement depuis quelques saisons. 90 % des joueurs se consacrent uniquement au football, et beaucoup ont déjà été professionnels. Des efforts ont aussi été consentis pour améliorer le fonctionnement des clubs. Il y a de bons éléments, de bons techniciens, de bons staffs. La Ligue 1 et la Ligue 2 viennent régulièrement piocher dans cette division. Ce n'est pas un hasard si l'on évoque souvent l'éventualité de créer un troisième niveau professionnel.

Fédérer les énergies autour d'un projet commun

 

Vous avez connu cinq montées avec Raon-l'Etape (de CFA en National en 2003) puis Avranches (de CFA en National en 2004) et enfin Le Mans (de CFA2 en CFA, de CFA en National et de National en Ligue 2 entre 2015 et 2019). Quelle est la recette à suivre ? 
Cela tient à une alchimie bien particulière, à la capacité de fédérer les énergies autour d'un projet commun, à créer une unité, une ambiance, une osmose. Il faut avoir envie de faire les choses tous ensemble, le groupe entier, ceux qui jouent plus, ceux qui jouent moins, de montrer une identité intéressante sur le terrain, avec une notion de plaisir importante, une décontraction indispensable pour bien jouer au football. Tout cela doit concourir à créer une véritable dynamique. Cest la recette que j'aime appliquer, elle n'a pas trop mal fonctionné jusqu'à présent. Elle nécessite une vraie réceptivité et l'humilité de se remettre en cause tous les jours. Après, il faut du temps pour amener tout ça. Les bases sont déjà là, ici à Créteil, c'est intéressant et positif." 

CLASSEMENT AVANT LA 17E JOURNEE

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