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José Alcocer : "On garde la même exigence"

jeudi 21 janvier 2021 - 11:05 - Philippe MAYEN
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Le sélectionneur des U16 évoque la vie et le travail de son groupe, privé de matches internationaux depuis le début de la saison en raison de la crise sanitaire.

"Depuis dix mois, la crise sanitaire a mis les sélections nationales de jeunes sur la touche. Vous en mesurez l’effet avec les U16 ? 
Oui, dans une saison normale, la sélection U16 dispute au moins quinze-seize matches internationaux, avec des temps forts que sont le tournoi du Val-de-Marne en octobre-novembre et le Mondial de Montaigu en mars-avril. S’y ajoute souvent un tournoi à l’étranger, en février. Tout est organisé pour favoriser une montée en puissance, le choix des adversaires, une alternance de matches à domicile et à l’extérieur, pour arriver au traditionnel dernier rendez-vous de la saison contre l’Allemagne au stade olympique de Berlin, en mai. Cela permet de faire évoluer le groupe en situation, une vraie prise d’expérience du niveau international au fil des mois et une prise de conscience des exigences que cela suppose.

La dernière sélection

À défaut de matches, comment organisez-vous votre travail ?
Le stage national de détection, où nous regroupons habituellement les joueurs sélectionnés par les conseillers techniques régionaux (CTR), n’a pu avoir lieu en fin de saison dernière. Nous avons décidé de repartir sur un brassage national sur cette génération 2005 avec trois stages au CNF en septembre (trente-cinq joueurs), octobre (vingt-neuf joueurs) et décembre (trente-quatre joueurs), aux dates où nous aurions dû disputer des matches. Ce quatrième rassemblement (trente-quatre joueurs) de début d’année a réuni les meilleurs éléments et quelques garçons indisponibles précédemment que les CTR ou les clubs nous avaient signalés. Pendant ces trois jours, très intéressants, le niveau s’est élevé, avec beaucoup de qualité. Ce groupe devrait nous servir de base pour la suite.

Le contexte particulier d'un match international participe à l'expérience des jeunes joueurs (photo Philippe Le Brech/FFF). 

La suite reste également très incertaine...
Les matches continuent de s’annuler, en effet. On ne pourra pas jouer en Belgique comme on l’espérait. Un nouveau stage aura lieu en février, axé sur le perfectionnement. On va affiner, restreindre le groupe progressivement et s’orienter vers des oppositions avec des équipes de centres de formation, ou même la sélection U17 de Lionel Rouxel. Enfin, en avril-mai, un autre rassemblement concernera les U16 Avenir nous permettra de voir les garçons qui auraient dû participer aux sélections inter-ligues U16, elles aussi annulées. Malgré la situation, nos CTR continuent de faire du très bon travail.

Cette saison est censée préparer le passage en U17 et les échéances européennes 2021-2022. Cette génération ne risque-t-elle pas d’être pénalisée ? 
Ces joueurs n’auront pas l’expérience qu’ils devraient avoir. Ils n’auront pas le vécu de garçons qui ont accompli une quinzaine de matches internationaux entre août et mai. En temps normal, on peut voir de manière très nette la transformation d’un joueur confronté à l’intensité des joutes de haut niveau. Le risque est d’aborder les futures échéances en U17 avec le niveau d’un groupe U16 en termes d’expérience. D’autant que le championnat national U17 est également stoppé. Ils ne disputent que des matches amicaux entre centres de formation pour garder le rythme.

Quand Didier Deschamps parle d'état d'esprit, ils entendent.

 

Cette expérience internationale est primordiale ? 
C’est tout un contexte, très particulier, avec des entraînements, des matches, des voyages, des adversaires souvent très forts et très motivés à l’idée d’affronter la nation championne du monde. Il faut monter en intensité et en qualité très rapidement. Ils manqueront de ça. Mais à chaque stage cette saison, on s’attache à montrer et à leur demander le même niveau d’exigence et de qualité dans les séances, match ou pas match. Un stage à Clairefontaine constitue en soi une expérience de haut niveau. Ce n’est pas du temps perdu. Pour l’instant, ils n’ont revêtu le maillot bleu que pour la photo, mais l’équipe de France doit rester leur fil conducteur. Quand un sélectionneur comme Didier Deschamps ne cesse de parler d’exigence, d’état d’esprit et d’amour du maillot, croyez-moi, ils entendent. Le message est facile à faire passer pour nous."

La fiche de José Alcocer

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