Coupe de France

Les défis relevés par NDC Angers

vendredi 29 janvier 2021 - 09:00 - Richard LOYANT
Coupe de France NDC Angers

Après trois reports dus à la crise sanitaire, NDC Angers (R1) s’est mobilisé pour préparer son équipe à la réception du Stade Lavallois (National), dimanche, et organiser ce match. Une double mission menée avec enthousiasme.

Mercredi 27 janvier, 17h30. Alors que les jeunes de NDC Angers Football s’entraînent sous la pluie et sans contact sur le terrain annexe du stade André-Bertin, le président du club, Xavier Baudouin, et ses vice-présidents, Bruno Hascoët et Philippe Percevault, rentrent de la Loire-Atlantique voisine, où ils ont récupéré du matériel sportif et rencontré Didier Esor, le nouveau président de la ligue régionale des Pays de la Loire.

Dans les bureaux, on s’affaire. Notamment le manager général Pierre Naudet, en plein préparatifs de l’entraînement nocturne de l’équipe première, pensionnaire de Régional 1 depuis deux saisons. Le temps est compté avant le 5e tour de Coupe de France prévu quatre jours plus tard contre le Stade Lavallois MFC. Ce sera le premier match des Angevins depuis le 24 octobre dernier, un remake du 6e tour perdu en octobre 2017 contre les Mayennais (0-1).

Les équipes du club ont repris l’entraînement sans contact le 4 décembre 2020 (Richard Loyant/FFF).

Cette confrontation initialement prévue le 18 octobre 2020 a été repoussée une première fois à cause des cas de Covid frappant le club de National. Reprogrammée la semaine suivante, elle a de nouveau été différée au 1er novembre. Sauf qu’entretemps est intervenu le confinement. "C’est un match que l’on désespérait de jouer", confie Pierre Naudet.

Jusqu’à l’annonce de la FFF en début de semaine dernière de la reprise de la Coupe. Depuis, tout le club l’a accueillie comme une bonne nouvelle et s’est retroussé les manches. Une mobilisation générale décrite par le président, les deux vice-présidents et le manager général de ce dynamique club de R1. 

On veut jouer le jeu complètement. Sportivement, même si la marche est haute, et dans l’organisation dans ce contexte particulier. Tout ne sera peut-être pas parfait mais on s’est donné les moyens de faire les choses bien. Cette aventure humaine va encore souder le club.

Bruno Hascoët, vice-président de NDC Angers

De gauche à droite, Pierre Naudet, Bruno Hascoët, Xavier Baudouin et Philippe Percevault (Richard Loyant/FFF).

MARDI 19 JANVIER, LA REPRISE, ENFIN…  

Pierre Naudet : "Mardi 19 janvier, Didier Esor, le président de la ligue, m’a appelé à 8h30 pour m’annoncer que cela repartait. Cela a été énormément de joie, cela faisait tellement longtemps que l’on était privé du vrai foot… Même si l’ensemble du club a redémarré dès le 4 décembre avec plusieurs entraînements par semaine, mais sans contact et avec tous les protocoles nécessaires. J’y tenais beaucoup malgré les contraintes car, pour nous, l’association sportive est extrêmement importante dans cette crise. Elle permet d’avoir une pratique physique et de garder le lien social".

PREMIERE SÉANCE À 6h30 DU MAT’

Pierre Naudet : "Dix jours de préparation avant d’affronter une équipe qui ne s’est pas arrêtée, sans dérogation au couvre-feu et donc un casse-tête pour mettre en œuvre les séances d’entraînement… On a rapidement eu le sentiment d’une montagne à gravir. J’ai expliqué les contraintes aux joueurs par téléphone : « C’est simple, on ne peut pas s’entraîner après 18h00. Le seul créneau possible est à 6h30, on commence jeudi. Soit vous êtes nombreux et c'est lancé, soit il n’y a personne et on ne le fera pas ». J’en attendais dix-sept et j’en ai eu seize, le dernier ne s’étant pas réveillé. Notre aventure de dix jours est partie ainsi. La dérogation préfectorale intervenue lundi midi dernier a ensuite fait du bien".

La qualification pour son entrée en lice au 3e tour a été difficile (0-0, 2 tab 3) face à une R3, le FC Saint-Saturnin-La Milesse (NDC Angers). 

L’ÉTAT D’ESPRIT ET LA FORME DES JOUEURS

"Dix jours dont on se souviendra"

Pierre Naudet : "Les gars sont très motivés. Le pari est de reconnecter les joueurs à la compétition. Il faut les remettre dans des efforts proches du vrai foot et éviter les blessures. On a peut-être un fond de fraîcheur à garder. Déjà que cela va être compliqué, si en plus la charge de travail est trop élevée et qu’ils n’ont plus rien dans le moteur… On vit une petite aventure collective et l’on s’aperçoit qu’il nous a manqué d’être ensemble, de vivre ces moments d’entraînement, de parler foot… Et pour moi, de préparer un match, ce que je n’ai pas fait depuis une éternité. C’est très agréable. Cela va sans doute s’arrêter dimanche soir mais on se souviendra de ces dix jours. Et si l’on doit remettre cela une semaine de plus, on sera ravi. En octobre, nous avions 15 à 20 % de chances. Là, c’est peut-être 1 %. Avec l’écart physique actuel, cela revient à jouer une équipe de Ligue 1 ! Si, à la mi-temps on est encore dans le match, ce sera déjà pas mal."

LES TESTS À METTRE EN PLACE

Xavier Baudouin : "On a la chance d’avoir deux médecins au club, dont moi. On s’est organisé avec un laboratoire local pour réaliser les tests PCR jeudi et vendredi. Les antigéniques seront passés samedi après-midi, aidés par deux bénévoles, un infirmier et un étudiant en médecine. Une pharmacie nous a fourni le matériel. J’imagine que c’est plus difficile pour d’autres clubs".

L’ORGANISATION DE LA RENCONTRE

"Tout cela nous fait grandir"

Xavier Baudouin : "Nous sommes heureux de participer à cette épopée, même dans un tel contexte. En tant que bénévoles, cela nous permet de revivre quelque chose autour de notre club. Depuis des mois, on fait de l’administratif mais plus de foot. Cela nous relance dans nos activités associatives".

Philippe Percevault : "La motivation à organiser le match contre Laval en 2017, une première pour nous, était énorme. Maintenant, ça l’est tout autant. On se doit de montrer que l’on est capable de faire tout aussi bien dans ce contexte particulier. On n’aura pas le même nombre de bénévoles – une quarantaine contre une centaine en 2017 – et c’est à huis-clos alors que l’on avait 1 500 spectateurs en 2017. Mais cela nous fait grandir". 

La victoire au 4e tour (2-1) contre la R1 d’ESOFV La Roche-sur-Yon (NDC Angers).

L’AMBIANCE ET LES BÉNÉVOLES

Xavier Baudouin : "Le plus compliqué a été de remobiliser les bénévoles, qui n’étaient pas venus depuis un petit moment. Certains avaient des obligations programmées par ailleurs. Leurs habitudes du week-end ont changé avec la crise sanitaire. Autres difficultés : l’absence de spectateurs, de la buvette et de l’ambiance autour d’un match de Coupe de France. Celle du football que l’on aime. Mais cela reste du sport, il y a évidemment plus grave actuellement".

L’APRÈS-MATCH

"Le plaisir d’avoir réalisé quelque chose ensemble"

Pierre Naudet : "J’aimerais, à la sortie du match, que tous, bénévoles comme joueurs, se disent : « On a passé un bon moment, c’était sympa, on ne regrette pas de s’être autant investis ». On aura alors réussi l’essentiel. C’est là où l’on se rend compte que cela faisait longtemps que l’on n’avait pas réalisé quelque chose ensemble. Ce match est l’occasion de se retrouver et de mobiliser tout le club. Mais on a aussi conscience que, malheureusement, d’autres ne peuvent pas vivre ça en ce moment. On l’aura offert aux gens et il faut que l’on fasse tout pour garder ce mélange d’activité physique et de lien social, dans la limite de ce que l’on nous laissera faire, bien entendu".

NDC Angers Football en bref

Fondé en 1913, Notre-Dame-des-Champs Angers Football évoluait en D1 départementale à l’arrivée de l’équipe dirigeante actuelle dont Xavier Baudouin, au club depuis 1972 et président depuis 2012, et Pierre Naudet, d’abord en charge des U19 (2005-2008), manager général et entraîneur de l’équipe première ensuite. C’est aujourd’hui :

  • 615 licencié(e)s (220 en 2008) ;
  • 4 salariés à temps plein (aucun en 2008) ;
  • 4 équipes féminines (U11 à senior) et 2 de futsal (aucune en 2008) ;
  • une académie d’aide aux devoirs créée en 2015, accueillant trois fois par semaine vingt-cinq garçons et filles (CM1 à la 3e) ;
  • un club estampillé « lieu de vie » ;
  • un partenariat avec le Mali où, depuis 2015, des salariés se rendent pour accompagner des éducateurs locaux.

 

 

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