ÉQUIPE DE FRANCE FUTSAL

Nelson Lutin : "Je ne connaissais pas ce sport"

lundi 8 mars 2021 - 18:28 - Claire GAILLARD
Nelson Lutin mars 2021

Alors que les Bleus retrouvent la Russie, mardi à Shchelkovo (15h sur FFFTV), lors des qualifications à l’Euro Futsal 2022, Nelson Lutin se livre sur ses débuts, sa découverte de la sélection et son caractère.

Dans le hall de la résidence Espoirs au CNF Clairefontaine, ils sont heureux de se retrouver en ce lundi 1er mars, premier jour de rassemblement de l’Équipe de France Futsal. Au fur et à mesure que les joueurs arrivent, les éclats de voix augmentent jusqu’à finir en fous rires. « Ils mettent le bazar les anciens, plaisante Nelson Lutin (26 sélections, 8 buts). J’espère que vous allez m’entendre. » Pour FFF.FR, ce jeune joueur prometteur (23 ans) de l’ACCS Asnières, technique et rapide, retrace son parcours entre handball et football avant de se découvrir au futsal.

 

 LES PETITS SECRETS DE… NELSON LUTIN 

"Votre premier contact avec le ballon ? Au foot, c’est quand j’étais petit avec mon grand-frère. On jouait beaucoup dans la rue, dans les city stades ou le stade du club à côté. Avant ça, j’avais touché un ballon de handball avec mon père qui était entraîneur.

Première licence ? C’était au FC Villepinte, à 10 ans, un peu tard par rapport à la jeune génération actuelle mais auparavant j’étais licencié de hand. J’en ai fait pendant 4 ans puis j’ai eu une fracture de la malléole et ça m’a un peu dégoûté du football. J’ai été à l’arrêt 2 ou 3 mois, j’ai pris du poids ce qui a eu des répercussions sur ma qualité première : la vitesse. Je n’avais plus envie et je me suis remis au handball.

Premier poste ? Latéral, gauche ou droit. Lorsqu’on est passé sur grand terrain, j’ai été repositionné attaquant. Pour mon premier match, j’avais été surclassé en U14 ou U15, je découvrais le poste et j’ai marqué un doublé. On l’a emporté 4-2. Un bon souvenir.

La bascule vers le futsal ? Durant un tournoi de quartiers organisé par ma ville. Ça m’a tout de suite plu et je n’ai plus arrêté. On touche beaucoup le ballon, c’est extrêmement technique et on apprend toujours des choses niveau tactique. J’ai pris une licence aux Artistes Futsal à Villepinte en U16. J’ai débuté en Seniors à 17 ans avec l’équipe réserve. Puis j’ai joué une année avec l’équipe première qui évoluait en R1. Cette saison-là, on a affronté ACCS Asnières Villeneuve, ils m’ont remarqué et m’ont fait venir.


Nelson Lutin lors de France-Moldavie en septembre 2020 (photo Pauline CARRE / APL / FFF). 

Premier but en Équipe de France Futsal ? Lors de ma deuxième sélection. J’avais été convoqué pour une double confrontation contre la Suède (en septembre 2018) et au cours du deuxième match, je marque sur un service d’Azdine Aigoun puis j’adresse une passe décisive à Abdessamad Mohammed (5-2, le 26 septembre 2018).

Ce n’est pas pour tout de suite mais je rêve d’accomplir une lambreta comme Ricardinho ou Falcao. Souheil Mouhoudine a déjà réussi. C’est un geste incroyable !

 

Plus belle émotion avec la sélection ? Je n’ai pas eu le temps d’en avoir ! Les collègues ont vécu la qualification pour l’Euro mais je n’étais pas encore là. J’espère que lors de ma prochaine interview, j’en aurai une à vous raconter (il rit). En club, récemment, il y a eu le huitième de finale de Ligue des champions avec ACCS où on a affronté le tenant du titre, le FC Barcelone (1-2). On n’est pas passés loin. C’est un match qui va compter pour notre avenir. Il a été suivi par près de 350 000 téléspectateurs sur FFFTV et La Chaîne L’Équipe. Dire qu’il y a sept ans, quand j’ai commencé, je ne connaissais pas ce sport... Cela illustre le chemin parcouru.

Votre geste technique préféré ? Côté gauche, double contact, piquer ou filer long de ligne… le petit pont ou une petite poussée de balle le long de la ligne. J’aime bien les lignes.

Un geste que vous rêvez de faire ? Le geste que je rêve d’accomplir mais ne réaliserai pas tout de suite : une lambreta comme Ricardinho ou Falcao. Souheil Mouhoudine a déjà réussi. C’est un geste incroyable !

Le coéquipier en bleu que vous voyez le plus en dehors ? Souheil, on est devenu des potes.


Avec Souheil Mouhoudine, son coéquipier en club et en équipe de France (photo Pauline CARRE / APL / FFF).

La musique qui passe dans le vestiaire ? Landry N’Gala, c’est un sacré DJ. Il met du rap, du zouk, de la variété française… Moi aussi, j’écoute de tout : variété, rap, musique afro ou latino. Mes parents m’ont transmis cette culture.

En dehors du futsal ? À ACCS, j’ai la chance de pouvoir me consacrer à 100% au futsal. Avant cela, j’ai suivi un BTS (Conception, industrialisation et microtechnique) et en parallèle, je travaillais dans l’animation auprès d’enfants en école primaire. Je faisais les centres de loisirs le mercredi et les cantines le midi.

Quel quotidien avec ACCS ? Un entraînement par jour, rarement deux car, à cause de la situation sanitaire, nous ne pouvons plus utiliser la salle de musculation. Les séances ont lieu à 16h ou 18h et le jour de match, c’est le matin à 11h.

Vos passe-temps favoris ? J’en ai plein mais malheureusement ces derniers temps, on ne peut pas faire grand-chose ! D’habitude, j’aime profiter de la vie : aller au bowling, sortir avec des amis, manger au restaurant, jouer aux cartes avec mes frères, faire un cinéma. J’adore les jeux vidéos et les mangas. En ce moment, ça y va !

Votre plat préféré ? Je suis un gros mangeur. Un plat des Comores, le pays de ma mère : le pilao, c’est du riz avec du poulet assaisonné. Ou un autre toujours constitué de riz mais avec des feuilles de manioc, sauce rouge et poulet. Si on continue, l’interview va basculer en mode top chef !

Je suis gentil. Sans prise de tête. J'aime beaucoup rigoler mais je suis un boudeur. Si un truc me saoule, je ne vais pas m'énerver, je vais bouder !

 

L’endroit que vous aimez ? En dehors de mon quartier à Villepinte, je dirais les Comores et la Guadeloupe, les îles de mes parents. Récemment, j’ai aussi découvert Dubaï et j’ai trouvé ça très sympa.

Vos plus grandes qualités ? Je suis gentil. Sans prise de tête. J’aime beaucoup rigoler.

Et vos défauts ? Je suis un boudeur (il éclate de rire). Je le dis parce que les coéquipiers vont me chambrer. J’essaie de me reprendre mais même dans la vie quotidienne, si un truc me saoule, je ne vais pas m’énerver, je vais bouder. C’est pas mal comme défaut, hein ? Je m’arrête là."

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