D1 ARKEMA

Reims, le renouveau

vendredi 16 avril 2021 - 17:06 - Claire GAILLARD
PSG-Reims D1 Arkema

Club historique du football féminin français, le Stade de Reims vit sa deuxième saison d’affilée dans l’élite. Actuellement 7e, il reste sur trois succès avant la réception de Dijon samedi. Retour sur une renaissance.

Le rendez-vous avait été fixé vendredi après la trêve internationale où le Stade de Reims voit partir plus de la moitié de ses joueuses en sélection. À la tête de l’équipe féminine champenoise depuis janvier 2017, Amandine Miquel (37 ans) s’était aussi absentée en ce début de semaine. Elle suivait, au CNF Clairefontaine, la 6e session de formation au Certificat d’entraîneure de football féminin (CEFF). Alors que son groupe, 7e de D1 Arkema, reste sur trois succès d’affilée – sa meilleure série depuis son retour dans l’élite en 2019 -, l’ancienne joueuse dresse un premier bilan de la saison en cours et évoque les ambitions du club. Qui entend progressivement revenir au plus haut niveau.

 LA FIN DE SAISON 
« La possibilité de faire mieux »

« Ce n’est pas encore fini mais on est globalement en phase avec notre objectif qui consiste depuis quatre saisons à faire de mieux en mieux. On vit notre deuxième saison en D1 et nous sommes 7es. L’an dernier, nous avions terminé à la 8e place. Même si c’est très serré, on a la possibilité de faire mieux. À nous de nous détacher en allant grapiller quelques points. On reste sur trois victoires d’affilée, notre meilleure série en D1, on espère la faire durer. Il nous reste trois matches accessibles car hormis le PSG (21e j.), on peut espérer prendre des points lors des autres rencontres (après la réception de Dijon, Reims doit se rendre à Guingamp puis à Issy). Sans se mettre la pression, on sait qu’il y a la possibilité d’améliorer notre classement de la saison dernière. » 

 LES OBJECTIFS FIXÉS 
« On a une philosophie offensive »

« Notre méthode ne s’appuie pas sur le nombre de points. On résonne en termes de contenu. On se fixe des sous-objectifs par groupe de trois à quatre rencontres sur des aspects tactiques et mentaux de détermination ou de dépassement de soi. On évalue après les regroupements de matches et on parle des points à la fin, c’est davantage un aboutissement. La 4e attaque du championnat ? Ça faisait partie d’un sous-objectif qui consiste à marquer le plus de buts possibles. On a une philosophie offensive. Pour gagner, il suffit de marquer un but de plus que l’adversaire. Sans délaisser l’aspect défensif, on accorde beaucoup d’importance à nos statistiques offensives. »

 L’ÉFFICACITÉ OFFENSIVE 
« Melissa Gomes est une buteuse née »


Melissa Gomes lors de PSG-Reims en début de saison (Gaëtan BARBAT / FFF).

« On a une attaque très complète avec des profils différents qui nous permettent de balayer tous les aspects offensifs. On peut s’orienter sur la contre-attaque car on a beaucoup de vitesse, notamment via Melissa Herrera mais aussi Kessya Bussy ou Tanya Romanenko, amenée à entrer et qui peut faire la différence avec sa rapidité en fin de match. Melissa Gomes est une buteuse née. J’en ai rarement vu comme ça. C’est une joueuse qui a le sens du but et une précision chirurgicale. Si elle est dans la surface ou aux abords, sa frappe sera cadrée. C’est un élément très important dans notre effectif. Derrière on a aussi un milieu de terrain, avec Sonia Ouchène et Rachel Corboz, qui nous permet d’avoir ces ballons offensifs. On a une très bonne vision de jeu et une bonne distribution qui nous permettent aujourd’hui d’être très ambitieuses offensivement. »

 OCÉANE DESLANDES AVEC LES BLEUES 
« Corinne Diacre fait confiance aux jeunes. Ça envoie un signal »

« Océane est arrivée il y a plusieurs saisons en provenance du Pôle Espoirs de Rennes. La formation française issue des pôles est très bonne. C’était une joueuse complète, déterminée qui a su, de saison en saison, prendre une place importante dans notre défense et qui est notre atout en termes de relance. Elle a une bonne vision du jeu, un pied gauche de qualité et sait faire la première passe qui peut mettre en difficulté l’adversaire. Elle a aussi progressé défensivement, elle était arrivée avec un déficit en termes de qualités athlétiques, notamment la force, on l’a bien remplumée (rires) ! Elle s’est également améliorée dans les duels et la vitesse. Sa convocation en Équipe de France n’est pas une surprise. Elle avait été pré-convoquée deux fois avec Kessya Bussy. Vu la situation actuelle, on répète à nos joueuses susceptibles d’être appelées en A ou U23 qu’il faut que leur valise soit prête pour partir à tout moment ! Corinne Diacre fait confiance aux jeunes et ça envoie un signal à toutes les joueuses de D1. N’importe quelle joueuse performante, peu importe son club ou son classement, peut être amenée à intégrer l’Équipe de France. Ça permet de rebattre les cartes et rendre cette sélection plus accessible. »


Océane Deslandes - à droite sur la photo - a honoré sa première convocation en Équipe de France féminine en avril (Antonio MESA / FFF).

 UN CLUB QUI SE RÉINSTALLE EN D1 
« La montée, une vraie fête »

« La montée était un évènement exceptionnel. Elle est intervenue l’année où la France accueillait la Coupe du monde féminine 2019 avec six matches organisés à Reims. Ça a été une vraie fête. On a reçu notre trophée au Stade Auguste-Delaune dans une enceinte comble puisque les garçons accueillaient le PSG. Derrière il y a eu cette belle Coupe du monde puis notre première saison en D1 plutôt réussie, avec un maintien à la 8e place. C’était confortable et cela nous a permis de travailler sereinement pour la saison suivante en termes de recrutement et de stabilisation du projet. Cette saison, on a franchi un palier en allant prendre des points contre des adversaires face auxquels on n’avait pas réussi à le faire en 2019-2020. On sent une réelle évolution de nos joueuses qui, pour la plupart, sont là depuis 3 ou 4 saisons. On aura aussi un aboutissement la saison prochaine avec la construction d’un nouveau bâtiment de 700 m2 entièrement dédié à la section féminine. Cela nous donnera un outil de travail pour nous permettre d’être au plus proche du haut niveau. »  

 LES RAISONS DU RETOUR 
« La section féminine tient à cœur au club mais aussi à la ville »

« Cela s’explique par la volonté du club. Cette section féminine a été relancée grâce aux présidents et notamment un ancien joueur professionnel, Florent Ghisolfi, à qui on a confié cette mission (2014-2016). J’ai eu la chance de prendre le relais sur des bases qui avaient été très bien posées pour continuer à développer la section féminine. Elle tient à cœur au club mais aussi à la ville. Notre maire (Arnaud Robinet) est très investi dans le sport féminin et l’équipe féminine du Stade de Reims. On peut aussi compter sur le soutien des pionnières. Elles sont très heureuses d’assister à la renaissance de cette équipe. Le recrutement ? Le club commence à être attractif. Nous avons une équipe jeune, qui joue et possède un fort potentiel offensif. C’est un aspect qui plaît, notamment aux joueuses à la recherche de temps de jeu, qui ont de la qualité et sont peut-être sous-évaluées dans d’autres clubs. »

 LES MATCHES DE LA 19e JOURNÉE 

Les 50 ans du premier match des Bleues 

Club pionnier dans le développement de la pratique, le Stade de Reims reçoit le Dijon FCO ce samedi 17 avril, à 14h30 au stade Louis-Blériot à Bétheny (19e journée), cinquante ans après le premier match de l’histoire de l’Équipe de France féminine dont il a été le principal pourvoyeur à ses débuts. « C’est un symbole fort, glisse Amandine Miquel. On est très heureuses d’être là où on en est aujourd’hui mais on ne se prive pas de regarder vers l’avant, plus haut pour installer Reims dans le paysage du très haut niveau français. » En tant qu’ancienne joueuse, elle mesure le chemin parcouru : « J’ai fait partie de ces joueuses qui ont vraiment galéré en termes de moyens et de terrains. Tout était très compliqué et même plus encore avant moi. On ne se prive pas de le rappeler aux jeunes joueuses pour qu’elles mesurent la chance qu’elles ont de pouvoir vivre de leur passion. Ce n’était pas le cas il y a encore vingt ans. » 

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