ÉQUIPE DE FRANCE

William Saliba : « Je m’en souviendrai toute ma vie »

mercredi 23 mars 2022 - 18:00 - Claire GAILLARD
William Saliba

Le défenseur central de l’OM, qui fête jeudi ses 21 ans, revient sur sa première convocation chez les Bleus et se projette sur les deux rendez-vous qui les attendent. 

Jeudi soir, il aurait dû être au stade de l’Épopée de Calais, le brassard de capitaine autour du bras, afin d’affronter les Îles Féroé en qualifications à l’Euro Espoirs 2023 (20h45). Finalement, William Saliba sera à quelques pas de chez lui, à Marseille, où il suivra ses potes devant la télévision. Juste avant, le défenseur de l’OM aura soufflé ses 21 bougies avec les Bleus. En raison du forfait de Benjamin Pavard, il a été appelé en Équipe de France par le sélectionneur Didier Deschamps pour les deux matches amicaux face à la Côte d’Ivoire, vendredi à l’Orange Vélodrome, et l’Afrique du Sud, quatre jours plus tard à Lille-Métropole. Mardi après-midi, au CNF Clairetontaine, William Saliba a confié son bonheur à FFF.FR.

« Comment avez-vous accueilli cette première convocation ? 
Tout s'est fait rapidement car je l’ai appris à mon réveil lundi matin. Venir à Clairefontaine était prévu mais pas au château. C’est spécial.

Vous auriez dû être dans le bâtiment voisin des Espoirs…
Je suis allé leur faire un coucou lundi soir après le dîner. Je leur ai souhaité un bon match jeudi face aux Îles Féroé (à Calais, 20h45). C’est une rencontre importante pour la qualification à l’Euro. On s’est un peu chambré aussi !

La tradition veut que les nouveaux chantent lors de leur arrivée en sélection. Quel son avez-vous entonné ? 
Un morceau de Booba, ça s’est passé tranquillement.


William Saliba lundi lors de son arrivée au château de Clairefontaine avec Adrien Rabiot (photo Simon MORCEL / SPORTPACK / FFF).

Ce jeudi, vous fêterez vos 21 ans et le lendemain vous vivrez votre premier match avec les Bleus à Marseille…
C’est une semaine intense avec mon anniversaire et ce match au Vélodrome le lendemain. Fêter mon anniversaire en A, c’est spécial, je m’en souviendrai toute ma vie. Lundi, j’ai vu le gâteau d’Antoine (Griezmann), il était très gros et très bon. J’espère le même (rires) !  On verra ensuite si je joue contre la Côte d’Ivoire mais je suis déjà très content d’être ici et je savoure un max’.

« Le Stade Vélodrome ? C’est une ambiance folle, ça te transcende, tu as envie de te surpasser pour les supporters. C’est exceptionnel, il faut le vivre pour le comprendre. »

 

L’Équipe de France va retrouver le Stade Vélodrome. C’est comment d’y jouer avec l’OM ?
On est chanceux de pouvoir y jouer une semaine sur deux avec Mattéo (Guendouzi). C’est une ambiance folle, ça te transcende, tu as envie de te surpasser pour les supporters. C’est exceptionnel, il faut le vivre pour le comprendre.

Quels sont les objectifs de ce rassemblement pour les Bleus et pour vous à titre individuel ? 
C’est une préparation aux échéances qui se profilent : la Ligue des nations en juin puis septembre et la Coupe du monde en novembre-décembre. Il faut continuer à gagner et ne pas faire comme s’il s’agissait de matches amicaux. Les adversaires qui affrontent l’équipe de France ont toujours envie de se surpasser face à elle. Me concernant, je viens d’arriver mais je suis prêt et disponible (sourires) !

Les Bleus évoluent depuis cet automne avec une défense à trois comme Marseille. Comment vous y sentez-vous ?
J’ai eu la chance de jouer dans différents schémas avec une défense à 3, 4 ou 5. Ça ne va pas me poser de problème. Je connais un peu ce dispositif, c’est pour cela que le coach m’a appelé.

Cela nécessite-t-il plus de répétitions et d’automatismes dans les déplacements, l’entente avec les deux autres axiaux ainsi que dans la lecture du jeu ? 
Bien sûr, il faut bien coulisser, s’aligner avec ta défense et parler avec celui qui est devant toi. Cela demande beaucoup de concentration. Quand le fonctionnement de la défense est bien rôdé, les joueurs qui évoluent plus haut respirent et sont assez libres.

La Coupe du monde débute dans huit mois, l'avez-vous dans un coin de la tête ? 
Même si je n’ai pas encore joué, quand tu goûtes à cette première convocation, tu n’as plus envie de t’en passer. Tu as envie d’être appelé à chaque fois. À moi de faire le travail, d’être performant et on verra. Disputer une Coupe du monde pour son pays, c’est le summum.


À l'entraînement mardi (photo Simon MORCEL / SPORTPACK / FFF).

En conférence de presse, Didier Deschamps a dit à votre sujet : « C’est un bon défenseur dans les duels, il est rapide, a un bon jeu de tête et dégage beaucoup de sérénité et de la tranquillité. Il a parfois des petits excès dans ses relances avec le ballon mais il fait partie des jeunes joueurs prometteurs. » Prendre des risques, c’est la tentation de la jeunesse ? 
Il a raison. C’est ce qui m’a permis d’aller plus haut rapidement mais parfois il ne faut pas trop en faire, surtout au haut niveau. Quand tu es défenseur, tu ne peux pas te permettre de dribbler et perdre la balle. Si tu passes, c’est bon mais si tu ne passes pas, tu le paies cash car tu es devant ta cage… Plus je grandis, plus je réduis. J’essaie de le faire quand je suis sûr de moi. Ne pas faire de roulette devant mon but par exemple !

« J’ai eu la chance d’évoluer dans le secteur offensif jusqu’en U13. J’ai même fait des essais comme attaquant dans trois ou quatre clubs. C’est pour ça que parfois je dribble devant mes cages (rires) ! »

 

Racontez-nous votre parcours débuté à Bondy.
Ma mère m’a inscrit au foot à 6 ans, j’ai eu la chance de débuter très tôt, dès la première année où on pouvait commencer. Je ne sais pas vraiment d’où c’est parti, de mes oncles peut-être… J’y suis venu naturellement et c’est devenu ma passion.

Avant d’être repositionné défenseur à Montfermeil, vous avez d’abord été attaquant ou milieu offensif ? 
J’ai eu la chance d’évoluer dans le secteur offensif jusqu’en U13. J’ai même fait des essais comme attaquant dans trois ou quatre clubs. C’est pour ça que parfois je dribble devant mes cages (rires) ! Puis j’ai rejoint Montfermeil, on est passé sur grand terrain et j’ai reculé. Si j’étais resté à Bondy, je serais peut-être toujours attaquant… C’est le destin, aujourd’hui je suis défenseur et en équipe de France. Je n’ai pas de frustration.

C’est à Saint-Étienne que vous avez signé votre premier contrat pro. Quel souvenir conservez-vous de ce club ?  
Saint-Étienne c’est ma maison, j’y ai tout appris. J’étais au centre de formation là-bas, ils m’ont fait grandir et m’ont bien formé. Je n’oublierai jamais ce club qui m’a lancé en Ligue 1 à 17 ans (le 25 septembre 2018 contre Toulouse) avec Jean-Louis Gasset. Quand tu es jeune, que tu ne connais pas le football d’adulte et qu’un entraîneur te donne du temps de jeu, te montre qu’il a confiance, te dit qu’il a entraîné beaucoup de défenseurs et que tu fais partie des tout meilleurs, c’est une chance ! C’est grâce à lui et toute la formation stéphanoise que je suis devant vous aujourd’hui.

À l’été 2019, vous avez signé à Arsenal avec l’étiquette du transfert le plus cher de l’ASSE. Avez-vous senti votre statut changer et les attentes grandir autour de vous ? 
J’ai aidé le club qui avait besoin de cet argent mais je n’ai pas ressenti de pression d’autant que je n’ai pas joué à Arsenal. J’ai été prêté une saison à Saint-Étienne, avant d’aller à Nice puis Marseille. Pour l’instant, je n’ai pas trop de pression par rapport à ce transfert. Je me sens bien à l’OM, je ne regrette pas d’avoir choisi ce club, c’est ce qui m’a permis d’atteindre les A. Il y a beaucoup d’attentes, on est très exposé et cette convocation récompense le travail effectué.


Sous le maillot de Marseille cette saison en Coupe de France (photo Sébastien RICOU / APL / FFF).

Vous allez vivre une fin de saison haletante avec l’OM, 2ème de Ligue 1 Uber Eats et quart-finaliste de la Ligue Europa… 
On est là où on voulait être : deuxièmes à neuf journées de la fin du championnat. Cela ne va pas être facile. Il y a des concurrents derrière nous qui ne vont rien lâcher. Si on remporte tous nos matches, on sera en Ligue des champions. À nous de terminer le travail, d’être concentrés, réguliers, d’enchaîner et d’aller le plus loin possible en Coupe d’Europe.

Vous êtes prêté à Marseille jusqu’à la fin de la saison. À 21 ans, le temps de jeu sera-t-il l’élément déterminant de la décision que vous prendrez cet été, d’autant plus avec la perspective du Mondial ?  
Bien sûr ! Si tu veux espérer rejoindre les Bleus pour la Ligue des nations à la rentrée puis la Coupe du monde, il faut jouer. Je prendrai en compte ce paramètre dans le choix que je ferai. »

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