LIGUE DES CHAMPIONS FUTSAL

À la découverte de Souheil Mouhoudine

jeudi 28 avril 2022 - 14:19 - Jérôme MILLAGOU
Fustal

L'ACCS Asnières Villeneuve 92 défie ce vendredi (17h00) le Sporting CP en demi-finale de Ligue des champions futsal. Une première pour le club francilien et l'occasion de découvrir un peu mieux son meneur de jeu international Souheil Mouhoudine.

La phase finale de Ligue des champions Futsal 2021-2022 se déroule vendredi et dimanche à Riga, en Lettonie. Repêché par l'UEFA à la suite de l'exclusion du représentant de la Russie, ACCS Asnières Villeneuve 92 est présent pour la première fois à ce niveau de la compétition. Le champion de France en titre, actuel leader du groupe A de Division 2, est opposé en demi-finale à l'équipe portugaise du Sporting CP, double vainqueur du trophée en 2010 et 2021.

Vendredi 29 avril 2022
Demi-finales 

  • 17h00 (Arena Riga) : ACCS Asnières Villeneuve 92 - Sporting CP (Port)
  • 20h00 (Arena Riga) : SL Benfica (Port) - FC Barcelone (Esp)

Dimanche 1er mai 2022 

  • 14h00 (Arena Riga) : match pour la troisième place
  • 17h00 (Arena Riga) : finale 

Premier contact avec le ballon

« C'était dans mon quartier à la Courneuve, où j’ai grandi dans une famille nombreuse : quatre frères et trois sœurs. Mon grand frère jouait un peu au foot, j’avais 4-5 ans, je voulais l’accompagner à l’extérieur pour jouer et ma mère lui disait de bien prendre soin de moi parce que j’étais le plus petit, de toujours garder un œil sur moi. Mais mon grand frère, il jouait avec ses copains et j’étais sur le côté, je les regardais jouer sur le petit city stade ; pas ceux des nouvelles générations, un city un peu sale, dès que tu tombais ça se voyait tout de suite. Tu te faisais mal mais l’important c’était d’être souriant, de jouer et de rencontrer tout le monde, de se mélanger au quartier. »

Première licence

« J’ai eu ma première licence à l’âge de 11-12 ans, à l’AS Courneuvienne. J’ai commencé tard le foot parce que mes parents étaient plus focalisés sur le scolaire. Je n’étais pas le meilleur à l’école donc je devais d’abord stabiliser mon niveau et avoir des bonnes notes pour pouvoir bénéficier du sport. Ce qui est amusant, c’est que tout le quartier était inscrit dans ce club mais le coach ne me connaissait pas alors que dans le quartier on connaissait mon niveau. J’ai donc commencé avec l’équipe C ou D et sur la première action, je marque sur un retourné. Le coach me sort et me dit : va finir le match avec l’équipe A. Depuis, je ne suis plus jamais redescendu, j’ai retrouvé tous mes copains dans l’équipe A (sourire) et j’ai fait toutes mes classes à la Courneuve. »

Premier poste

« Milieu gauche ou milieu droit. À l’AS Courneuvienne toujours, c’étaient un peu les postes phares : le dribble, courir, prendre du plaisir, c’était le poste qui me ressemblait le plus. »

(Photo Guillaume TALBOT/ICON SPORT)

Bascule vers le futsal

« Elle s’est faite assez tard. J’étais en U19 à l'AC Bobigny, à cette époque-là. Je venais de passer séniors 1ère année, je venais de faire une saison complète en séniors. J’avais eu la chance de jouer un 32e de finale de Coupe de France contre Évian-Thonon-Gaillard [3 janvier 2015], une équipe qu’on voyait souvent à la télé, une équipe de L1. Bon, on n’avait pas tiré le PSG mais ça restait une très grosse affiche. Il y avait ma famille dans les tribunes. On avait perdu 3 à 0. Je devais prolonger avec le club mais je devais aider ma famille aussi, ce petit côté financier que je demandais et que le club n’a pas pu pas me donner en raison de mon jeune âge. Garges Djibson Futsal m’a contacté à ce moment-là. Ils m’avaient vu lorsqu’on avait la possibilité d’avoir la double licence. J’avais cette double casquette de pouvoir jouer également au Futsal et avec mon club de la Courneuve, la chance de faire des tournois, notamment un à Garges et ils m’ont proposé un petit contrat. C’était parti dans le Futsal ! »

Avant l'Euro, ils constatent que j’ai une double luxation et que je ne peux pas jouer. Peu importe ce qui se passe, je veux jouer. Je suis prêt à laisser mon épaule, je me ferai opérer après.

 

1er but en Équipe de France

« En Serbie, en décembre 2016, sur un power play. On avait perdu [4-1] mais ça reste un beau souvenir. C’était la grande Serbie, une équipe solide, souvent qualifiée pour les grandes compétitions et pouvoir marquer face à un gardien de cette renommée, c’était fort. Voilà le premier but d’une longue série [34 buts à ce jour] qui s’est ouverte devant moi. »

Plus beau but en bleu

« Celui face à l’Espagne à l’Euro 2018. Pas vraiment le plus beau esthétiquement mais on tient tête à l’Espagne, alors championne en titre. On finit à 4-4. Pour moi, c’est le but le plus important car marquer déjà contre un cador du Futsal même si ça n'est pas un retourné ou une reprise de volée à la Zidane, ca reste un but marquant. »

Plus forte émotion en bleu

« La qualification pour la première phase finale à l’Euro 2018, en Croatie. Il y avait eu beaucoup de sacrifices, beaucoup de choses qui se sont passées. C’était la récompense de ce qui nous manquait pour passer le cap et rejoindre enfin une phase finale internationale, pour pouvoir enfin lancer nos carrières, montrer que, nous, la France, on voulait se faire connaître, se faire respecter. Petite anecdote : juste après cette qualification, je me blesse à une épaule en Coupe de France avec mon club d’ACCS. J’envoie mes radios. Ils constatent que j’ai une double luxation et que je ne peux pas jouer l’Euro, que je dois normalement me faire opérer. J’envoie un message au coach pour lui dire : peu importe ce qui se passe, je veux jouer. Je suis prêt à laisser mon épaule, je me ferai opérer après. J’ai dû signer une décharge disant que j’étais conscient des risques. Le staff m’a quand même mis dans le groupe. Je me souviens qu’avec le kiné on essayait des straps, je levais le bras droit, le bras gauche se levait en même temps (rires). Chaque jour, on avait un strap différent jusqu’à ce qu’on trouve le bon avant le match contre l’Espagne lors duquel je marque. C’est pour cette raison que ce but est important pour moi et pourquoi je le préfère à un autre peut-être plus beau. »

69
Souheil Mouhoudine compte 69 sélections en Équipe de France Futsal.
34
Le meneur de jeu tricolore a inscrit 34 buts sous le maillot bleu.

Souheil Mouhoudine en action lors du dernier match des Bleus contre le Brésil, à Toulon (photo Sulyvan MANFROI/APL/FFF)

Geste technique préféré

« Il y en a pas mal au Futsal mais je pense que le geste que j’utilise le plus souvent c’est le double contact, ça permet de garder le ballon proche de soi et d’éliminer assez rapidement son adversaire pour ne pas qu’il puisse revenir ou qu’il puisse nous gêner. C’est vraiment le geste phare qu’on utilise souvent. C’est un geste quI me va bien. Technique et efficace. »

Un geste que tu rêves de réaliser en match

« Un geste que je fais souvent à l’entraînement mais peu en match, on appelle ça le "soleil", pas le Souheil (sourire). C’est faire passer le ballon par-dessus soi, comme le fait souvent Ricardinho [son coéquipier portugais à ACCS] en match. Je l’ai tenté une fois en finale du championnat de France avec le Kremlin-Bicêtre mais Boulaye Ba l’a sorti sur la ligne. Et moi je me suis un peu tordu la cheville (sourire). »

Le coéquipier que tu vois le plus souvent

« En U21, c’était Michael De Sa Andrade. On jouait dans le même club, au Kremlin-Bicêtre, on habitait juste à côté. Maintenant c’est Nelson [Lutin] et Mamadou [Touré], mes coéquipiers à ACCS. Généralement après les entraînements, on se retrouve pour aller manger un bout ou échanger sur un peu tout. »

Je n’ai pas forcément besoin de marquer pour être heureux. Moi si je me bats, je défends, j’arrête un ballon ça me va.

 

La musique que tu écoutes dans le vestiaire

« Un groupe bien de chez-nous qui s’appelle 4 KEUS, parrainé par le label WatiB. Ce sont des petits qui ont commencé tout en bas, un peu comme nous. Cela résume un peu notre histoire. Ils se font faire connaître avec des vidéos et maintenant ils ont la chance de pouvoir passer sur de grandes scènes. »

En dehors du Futsal

« En dehors du futsal, je suis quelqu’un de très timide, réservé. Actuellement, je suis en train de passer un formation « activités pour tous » à Saint-Denis. C’est la formation du sportif à avoir. Elle permet d’avoir plusieurs casquettes, de ne pas être uniquement focalisé sur le futsal, de préparer l’après avec pas mal de débouchés ensuite dans les mairies, dans les services des sports, pour devenir coach sportif en salle ou coach personnel. L’idée c’est d’avoir un diplôme en plus. J’ai le bac. Ensuite, j’ai enchaîné quelques licences, en sport, en informatique, mais je n’ai jamais pu vraiment aboutir avec le sport au quotidien. »

4
Souheil Mouhoudine a marqué à quatre reprises en Ligue des Champions Futsal cette saison.

(Photo Pauline CARRÉ/APl/FFF)

Passe temps

« J’aime beaucoup les ordinateurs. Depuis tout petit, le métier d'ingénieur informatique me fait rêver. Je voyais dans les films comment « cracker » un ordinateur. Je me disais « ah ouais, ça peut être pas mal ça » (rires) mais en fait ça n’a rien à voir avec les films, c’est que du codage, des binaires et des exadécimales. C’est beaucoup de chiffres mais c’est vraiment quelque chose qui nous sert tout les jours. Du coup, je dépanne un peu les copains et ma maman quand elle a besoin, quand elle a un souci de connexion. Je m’intéresse aussi beaucoup à tous les autres sports, le tennis ou le basket, le hand. En tennis, je suis 100 % Team Nadal (rires). Je regarde le football américain quand c’est n'est pas trop tard ou même la voile, je ne comprends pas grand-chose mais ça m’intrigue donc je regarde. »

Plat préféré

« Soit un plat de ma femme, soit de ma maman qui est orignaire des Comores. Le majimbi, le plat fin aux Comores. Ma femme est marocaine-indienne elle fait un tajine merveilleux. C’est mon côté cuisine du monde (rire). »

Plus grandes qualités

« En dehors du terrain et sur le terrain c’est un peu pareil, je dirais l’entraide, la solidarité, mettre la bonne vibe entre nous, le sourire. Sur le terrain cette qualité est aussi un défaut : faire plaisir au coéquipier, penser plus aux copains qu’à soi-même, je préfère mettre le coéquipier dans les bonnes conditions, j’aime bien que le copain marque un but pour qu’il gagne en confiance. Moi je n’ai pas besoin forcément de marquer pour être heureux, moi si je me bats, je défends, j’arrête un ballon ça me va . »

Défauts

« Mauvais perdant. Boudeur. grincheux par moments, je ne suis pas quelqu’un qui extériorise beaucoup de sentiments donc forcément c’est plus à la maison où je tire la tronche si l’entraînement ou le match n’a pas été bon, et ma femme essaie de me faire changer de visage et de me redonner le sourire. »

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