Marie-Louise Butzig, dernier envol

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jeudi 16 mars 2017 - 16:49 - Richard Loyant

Pionnière des Bleues (vingt sélections) et quintuple championne de France avec le Stade de Reims féminin, Marie-Louise Butzig s’est éteinte le 6 mars 2017, à 72 ans.

Marie-Louise Butzig, l’une des toutes premières internationales françaises, est décédée le 6 mars dernier à Vrigne-aux-Bois, petite commune des Ardennes proche de la frontière belge. Là où elle a grandi, a découvert le football et a travaillé toute sa vie avant de s’éteindre « en toute discrétion, à l’image de sa personnalité », comme le souligne sa coéquipière du Stade de Reims et de l’Équipe de France Ghislaine Souëf. Discrétion mais aussi « gentillesse » et « respectée » dans la vie, « efficace » et « impressionnante » sur les terrains sont les mots qui reviennent le plus souvent dans les messages reçus depuis son décès pour qualifier cette pionnière du foot au féminin.

Née le 15 novembre 1944 à Chablis (Yonne) dans un milieu modeste, elle a démarré le football sur le tard pour s’imposer immédiatement dans les buts, un poste diamétralement opposé à celui qu’elle occupait auparavant au handball. Elle jouera d’un potentiel athlétique impressionnant, développé dans sa jeunesse au rythme de sorties en forêt pour récolter le bois nécessaire à produire le charbon qui chauffait la famille. Puis en usine, où cette ouvrière n’a jamais cessé d’exercer.

Le football et l’Équipe de France ont dès lors été de belles opportunités pour voyager et découvrir d’autres horizons. En bleu comme au Stade de Reims, solide dans la vie comme sur sa ligne, « Marilou » aura une influence considérable sur les débuts d’un football féminin qui cherchait alors son identité. Elle gardera ainsi les buts des Bleues inviolés lors du premier match officiel de l’Équipe de France, le 17 avril 1971 à Hazebrouck face aux Pays-Bas (4-0), une rencontre aujourd’hui reconnue par la FIFA comme la toute première confrontation internationale officielle de l’Histoire du football féminin.

Elle ne disputera pourtant aucune compétition internationale officielle, arrêtant sa carrière sportive forte de vingt sélections et de cinq titres de championne de France quatre mois avant France-Italie 1982 (1-0), premier match estampillé UEFA auquel la France participe. Mais Marie-Louise Butzig est passée à la postérité non seulement grâce à son talent, mais aussi aux principes de travail et de sincérité qu’elle a distillés au sein du groupe France. « Des valeurs hors du commun » selon Ghislaine Souëf, mises également au service de sa commune ardennaise dont elle sera restée conseillère municipale jusqu’en 2014.

Championne du monde officieuse

Du 9 au 23 octobre 1978, un tournoi mondial officieux organisé à Taipei réunit trois équipes nationales (Australie, Taïwan, Thaïlande) et dix clubs, dont le Stade de Reims choisi pour représenter la France. Marie-Louise Butzig est bien évidemment d’un voyage qui la verra, elle et son équipe, survoler la compétition. Avec trois victoires et un nul, quatorze buts inscrits pour un seul encaissé en quatre matches, les Rémoises sont déclarées « championnes du monde » et leur dernier rempart sacré meilleure gardienne du tournoi.