1940 - 1944 | En pleine tourmente

mardi 9 octobre 2012 - 18:04 -  

Un championnat tronqué, le professionnalisme aboli, une sélection en pointillé. Le football français vit comme le pays ses heures les plus sombres pendant l’Occupation.

Quand la guerre éclate, les footballeurs professionnels sont, comme les autres conscrits, envoyés au front. La drôle de guerre s’installe, les accrochages avec l’ennemi demeurent sporadiques. À tel point que la fédération envoie dix mille ballons aux soldats et que le gouvernement accorde une permission aux Bleus pour affronter le Portugal.

Le 28 janvier à Paris, Étienne Mattler et consorts se présentent en uniforme devant le Parc des Princes. Rudolph Hiden et Henri Hitl, deux Autrichiens qui ont joué auparavant pour leur pays, honorent leur première cape par une victoire (3-2). Quelques mois plus tard, la Blitzkrieg couvre le pays d’une chape de plomb. Le Championnat de France, inachevé en 1940, se scinde en deux zones pendant l’Occupation (Nord et Sud), la Coupe de France survit, le secrétariat de la fédération est transféré à Chinon puis à Marseille avec délégation du bureau fédéral.

Mais le football, soumis aux aléas matériels, subit les diktats du régime de Vichy qui réduit la durée des matches à 80 minutes et abolit le professionnalisme. Ulcéré, Jules Rimet, le président de la FFFA, claque la porte, laissant au duo Henri Jevain et Henri Delaunay la gestion des affaires courantes. La fédération convainc Vichy de disputer deux rencontres internationales. À une semaine d’intervalle, la "France" affronte la Suisse le 8 mars 1942 à Marseille puis l’Espagne le 15 mars à Séville. De la dernière vraie sélection réunie en 1940, il ne reste que quatre joueurs. Mal préparés, les Tricolores s’inclinent à chaque fois (2-0 et 4-0). Le football français aura payé un lourd tribut à la guerre, à l’image de l’international Jacques Mairesse (6 sélections), prisonnier et mitraillé le 13 juin 1940 près de Sens.