D1 Arkema

8e J. : baptême du feu pour Laurent Mortel

vendredi 13 novembre 2020 - 11:00 - Vincent Orsini
L'ASJ Soyaux

Nouvel entraîneur de l'ASJ Soyaux, Laurent Mortel (45 ans) aura fort à faire pour son premier match face à l'Olympique Lyonnais (18h30, Canal+ Sport).

Après votre carrière de joueur, comment avez-vous découvert le football féminin ?

"Entre mes passages comme entraîneur à l'US Camon (2005-2010) et au FC Ailly-sur-Somme (2010-2016) et mon poste au Montpellier HSC (2017-2019), j’étais enseignant à l’université d'Amiens-Picardie, où j’ai créé, avec la Ligue de Picardie, le premier centre universitaire de formation. Cette structure permet aux jeunes filles d‘allier études et entraînements, et m’a offert la possibilité de faire mes premiers pas dans le football féminin. On a été deux fois vice-champion de France universitaire, une prouesse qui a fait que je me suis rapproché de l'université de Montpellier. Là-bas, on a été champion d’Europe universitaire puis champion de France, et cela a attiré l’œil du MHSC où j’ai pris en charge le Pôle Élite féminin et l'équipe réserve. Ce rapprochement avec le football féminin s’est fait assez naturellement, mon père avait été à la tête de l’équipe de l'US Compiègne CO il y a quelques années, lorsque celle-ci évoluait dans l’élite, et ma sœur était également joueuse. J’étais prédisposé !"

Outre votre poste d’entraîneur de l’ASJ Soyaux, vous êtes à la tête de la sélection haïtienne depuis plus d’un an. Comment arriver à cumuler ces deux fonctions ?

"Sélectionneur et entraîneur en club, ce ne sont pas les mêmes métiers. J’ai pris en charge la sélection d’Haïti au mois d’août 2019, avec un baptême du feu contre les États-Unis, championnes du monde en titre. La fédération m’a également demandé de m’occuper de la sélection U20 féminine, dans le cadre des qualifications à la Coupe du monde. En arrivant à la tête de l’ASJ Soyaux, il a été convenu avec le club que si je devais m’occuper d’une des deux sélections, on trouverait une fenêtre de huit à dix jours pour que je puisse m’y rendre ou bien que l'on organise les rassemblements internationaux en Charente. Cela me permettrait de rester proche de mon équipe de tous les jours et de confronter ma sélection au niveau européen. Il y a de bonnes synergies pour que tout cela se passe dans l’intérêt de tous." 

En championnat, Soyaux est dans une position délicate (11e, 6 points). Comment redresser la barre ? 

"Comme chaque coach, on a des idées de jeu, une conception du football que l’on aimerait développer. Mais nous sommes jugés sur nos résultats, pas sur le jeu pratiqué. Si je dois être moche et gagner, je le ferais. Une fois que l’on aura engrangé des points et qu’on aura un peu plus de marge, on pourra s’attarder sur le jeu en lui-même. Après, il ne faut pas se tromper de route non plus. Cela fait dix jours que je suis avec l’équipe, j’ai bien conscience que si je ne demande que des efforts défensifs, on n’ira pas loin. Notre ambition doit être raisonnée mais elle doit être d’aller de l’avant, malgré cette obligation de résultats. C’est en tout cas ce qui m’anime. Il nous faudra du temps, même si je sais qu’on risque de ne pas en avoir assez, mais depuis mon arrivée au club avec mon staff nous prenons énormément de plaisir à évoluer avec ce groupe de joueuses et j’ai confiance en l’avenir." 

Après les États-Unis pour vos débuts avec Haïti, c'est l'OL ce soir au programme ...

"Je suis habitué aux premières difficiles ! En réalité, je pense que ça va nous permettre de dédramatiser. Jouer contre un concurrent direct pour notre premier match aurait mit une sorte de pression. Affronter Lyon, sans vouloir jouer petit bras, cela nous enlève une part de pression car on fait face à la meilleure équipe de France et d’Europe. Nous n’avons rien à perdre. Personne ne nous voit faire un résultat. Le plus important dans ce genre de rencontres est d’en tirer des enseignements. C’est aussi la raison pour laquelle nous avons souhaité lors de notre arrivée au club multiplier les outils d’analyses de performance, ce qui nous aidera dans cette démarche. Encore une fois, tout cela ne veut pas dire que l’on manque d’ambition, s’il y a une possibilité de mettre Lyon en difficulté nous n’allons pas nous en priver."

Quelles sont vos ambitions pour cette saison ? 

"Le premier est de sauver le club, c’est-à-dire de se maintenir. Notre actionnaire nous soutient est à de belles ambitions pour l’avenir, mais celles-ci ne peuvent exister que si Soyaux reste en D1 Arkema. Ensuite, l’ASJS présente un effectif jeune et a toujours eu dans son histoire des joueuses prometteuses qui venaient au club pour prendre du temps de jeu et s’aguerrir. Il y a ce rôle formateur qui doit être pris en compte. Il est l'une des particularités de ma fonction dans ce club. C’est l’un des beaux challenges de ma mission, de transmettre le plus possible à ces joueuses en fin de formation." 

LE PROGRAMME DE LA 8E JOURNÉE

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