ÉQUIPE DE FRANCE FUTSAL

Kévin Ramirez : « Jamais je n’aurais pensé jouer pour un pays »

lundi 5 avril 2021 - 08:01 - Claire GAILLARD
Kevin Ramirez

Pour tout savoir de ce cadre de l’Équipe de France Futsal, lisez cet entretien où Kévin Ramirez revient sur ses débuts au foot, sa découverte du futsal et des Bleus.

Le week-end de Pâques a été studieux pour l’Équipe de France Futsal, réunie depuis samedi au CNF Clairefontaine. Les joueurs de Pierre Jacky préparent une double confrontation décisive pour la qualification à l’UEFA Euro Futsal 2022. Au programme deux « finales » en Géorgie, mardi 9 avril, et face à l’Arménie cinq jours plus tard. « On sait depuis le début qu’il faut aller en Géorgie pour chercher des points, gagner », reconnaît Kévin Ramirez (34 ans, 75 sélections, 20 buts), cadre de cette Équipe de France où il évolue depuis 2014. Le mois dernier, lors du rassemblement, cet ancien milieu passé par le football professionnel avant de basculer dans le futsal s’était livré. Sur son parcours, ses débuts au foot à 11 puis au « foot en salle » à l’époque, ses origines espagnoles, la tunique bleue, l’évolution de la pratique, sa vie personnelle et son caractère. Première partie de son entretien ce lundi avant la suite, demain. 

 LES PETITS SECRETS DE… KÉVIN RAMIREZ 1/2 

« Votre premier contact avec le ballon ? J’avais 3 ans. Je venais de déménager, mon nouveau voisin avait un ballon et j’ai tapé la balle avec lui dans le jardin.

Première licence ? Je suis originaire de Clermont-Ferrand, j’ai pris ma première licence de foot à onze à l’US Gerzat à 6 ans.

Votre relation au foot ? Pour moi, le foot, c’est Olive et Tom : la frappe dans la lucarne, la contre-attaque qui dure une heure. Le ballon est mon meilleur ami.

Votre parcours ? J’ai joué deux ans à Gerzat avant d’intégrer le centre de formation de Clermont Foot jusqu’aux 18 ans nationaux. J’ai ensuite signé à Cournon d’Auvergne en CFA2 puis en Espagne, en National-CFA (UD Estepona). Mais en 2008, le pays a été touché par la crise économique. C’est à ce moment-là que j’ai découvert le futsal en Espagne, où il y avait à cette époque plus de licenciés futsal que football. 

Le foot à 11, c’était beaucoup de duels, de physique, j’avais un peu perdu le plaisir. On m’a proposé d’intégrer un club de futsal et je me suis lancé

 

La bascule vers le futsal ? Ma famille est originaire d’Espagne. Parmi mes copains, tout le monde joue au futsal. En été, il y avait beaucoup de tournois. J’ai commencé à jouer et prendre du plaisir. Le foot à 11, c’était beaucoup de duels, de physique, j’avais un peu perdu le plaisir. On m’a proposé d’intégrer un club et je me suis lancé. À côté, je travaillais à mi-temps. Je ne voulais pas faire de carrière, c’était uniquement pour le plaisir mais finalement grâce au futsal, j’ai voyagé un peu partout dans le monde. 

Le futsal plus technique ? Je ne suis pas le plus technique du monde mais je touchais pas mal la balle, je participais beaucoup au jeu. Au futsal, on est toujours en mouvement, on touche nettement plus le ballon, on se déplace énormément et même si ce sont des efforts indirects, cela profite toujours au collectif. 

Votre premier poste ? Milieu défensif. Il fallait se taper et je ne suis pas trop physique (sourires) !

Un souvenir de foot à 11 ? J’en ai un de Coupe Gambardella, lors d’une séance de tirs au but à l’occasion d’un derby à Clermont. Je réussis ma tentative et qualifie mon équipe ! Sinon la Coupe du Roi en Espagne, c’est mon dernier souvenir dans le foot pro. 

J’ai joué en Angleterre, en Azerbaïdjan, en République tchèque, en Italie… J’ai fait un joli tour du monde !

 

Le retour en France ? J’ai joué en Angleterre (Bakou United), en Azerbaïdjan, en République tchèque (Sparta Prague), en Italie (Bisceglie, Lazio)… J’ai fait un joli tour du monde ! Je suis revenu en France une première fois en 2015 au Kremlin-Bicêtre avant de repartir, pour rentrer définitivement en 2017, à ACCS Asnières (photo ci-dessous). Et depuis l’année dernière, j’évolue à Mouvaux Lille Métropole.  


Kevin Ramirez en 32es de finale de la Coupe nationale Futsal en février 2018 sous le maillot d'ACCS (photo Philippe LE BRECH / APL)

Votre première convocation en Équipe de France Futsal ? Je ne sais pas si je dois le dire… Lors de ma première sélection, je joue avec mon passeport espagnol car je n’avais pas de passeport français. L’UEFA l’autorise. Quand j’évoluais en Espagne, je ne savais pas qu’il y avait une Équipe de France Futsal. Lorsque j’ai signé en Angleterre, mon coach espagnol m’avait conseillé de faire les démarches pour obtenir mon passeport français. Comme je suis né en France, j’y ai même obtenu mon bac, je les ai entamées, ça m’a pris un an. J’ai été convoqué par Pierre Jacky pour une pré-sélection. Trois semaines après, il m’a appelé pour jouer aux États-Unis mon premier match en 2014 ! Je n’y croyais pas. La première fois que je suis entré sur le terrain, que j’ai entendu l’hymne, j’avais envie de pleurer. Pourtant j’avais connu beaucoup de choses et d’émotions avant, j’avais disputé la Ligue des champions mais là, c’était autre chose. Jamais je n’aurais pensé jouer pour un pays ! 

L’évolution de la pratique ? Ce n’est plus le même sport, la même considération. La Fédération nous place dans les meilleures conditions. J’échange beaucoup avec des amis qui évoluent dans d’autres sélections et on est vraiment favorisés, accompagnés. On a obtenu des résultats, on s’est investi après avoir beaucoup galéré. On a énormément travaillé, on a été patients, persévérants. 

Ma plus belle émotion ? La qualification pour l’Euro 2018 en Croatie (5-4, le 26 septembre 2017). On fait un match extraordinaire !

 

Votre plus belle émotion avec la sélection ? La qualification pour l’Euro 2018 en Croatie (5-4, le 26 septembre 2017). On fait un match extraordinaire ! Au Championnat d’Europe, on aurait pu se qualifier, on a affronté l’Espagne (4-4, le 31 janvier 2018) lors de notre premier match et on a fait honneur à la discipline. Tout le monde a pu voir que ce groupe se battait, qu’on était des passionnés et soudés. On a senti l’engouement de tous les Français derrière nous. Je n’oublierai jamais ce premier Euro. À jamais les premiers ! Oui, j’aime bien l’Olympique de Marseille (rires)


Les Français célèbrent un but lors du match amical face à la Moldavie en septembre 2020 (photo FFF). 

Et en club ? Mon premier titre de champion d’Angleterre (en 2013 avec Bakou United). Cette saison-là, je termine aussi meilleur joueur du Championnat. C’est mon tout premier titre, je n’étais pas habitué à ça ! Le doublé Coupe-Championnat remporté lors de mon premier retour en France avec le Kremlin-Bicêtre (en 2015-2016) occupe aussi une place particulière, notamment avec la ferveur des ultras à nos côtés. »

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