ARBITRAGE

Frappart : « On va vivre l’expérience à fond » 

vendredi 11 juin 2021 - 23:00 - Jérôme MILLAGOU et Claire GAILLARD
Stéphanie Frappart avant Juventus Kiev en Ligue des champions en décembre 2020

Désignée comme arbitre réserviste et quatrième arbitre pour l’UEFA Euro 2020, Stéphanie Frappart, à l'œuvre dès vendredi soir lors de Turquie-Italie (0-3), est la première femme sélectionnée pour une compétition masculine.

Dans sa carrière, Stéphanie Frappart a souvent endossé le statut de pionnière. Après avoir été la première femme arbitre centrale en Ligue 2 (2014), elle a découvert l’élite et dirigé la finale de la Supercoupe d’Europe entre Liverpool et Chelsea en 2019. Cette saison, elle est devenue la première femme à arbitrer une rencontre internationale en compétition masculine (Ligue des nations, septembre 2020), un match de Ligue Europa (octobre 2020) puis de Ligue des champions (décembre 2020) et une rencontre qualificative à la Coupe du monde 2022 (mars 2021). Vendredi soir, à Rome, Stéphanie Frappart (37 ans) était quatrième arbitre lors de Turquie-Italie (0-3), match d’ouverture de l’UEFA Euro 2020. Un évènement inédit. Celle qui prendra aussi la direction de Tokyo cet été pour officier en tant qu’arbitre centrale lors des tournois de football aux Jeux Olympiques (21 juillet-7 août) livre son regard avant le début du Championnat d’Europe.

« Dans quel état d’esprit abordez-vous cet Euro ?
J’aborde cette grande compétition avec beaucoup de confiance et de sérénité. Comme toujours. Je ne vais pas changer ma personnalité ni ce qui m’a fait progresser jusqu’à ce niveau-là. Je suis arrivée très jeune dans l’arbitrage. J’ai évolué avec le temps. J’ai fait mes armes dans les plus basses catégories et je pense que cela m’a fait du bien. Quand je suis arrivée en Ligue 1, j’étais plutôt armée, assez sereine. Dire que je suis au sommet, je ne sais pas. Dire qu’il me reste des étapes encore devant moi, on verra. J’ai 37 ans, je me dis que j’ai encore quelques belles années devant moi à commencer par cet Euro. Ensuite, il y aura les Jeux Olympiques, mes deuxièmes. C’est toujours un événement particulier, il n’y a pas que le foot, il y a une effervescence à part. Mais je vais prendre étape par étape. D’abord l’Euro. Mon rôle ? 4ème arbitre. On va s’adapter aux différentes nationalités. Il y a 18 trios arbitraux sélectionnés. À moi de m’adapter et d’être présente quand je serai désignée.


Stéphanie Frappart lors de Monaco-Lille en Ligue 1 Uber Eats le 14 mars 2021 (photo Valery HACHE / AFP).

Comment cet évènement s’annonce-t-il dans le contexte sanitaire que l’on connaît ?
C’est assez difficile de se projeter. On a vécu, un peu partout en Europe, une année sans spectateurs dans les stades. On avait commencé la saison avec du public puis ça s’est vite arrêté. On s’est adapté. Il faudra s’adapter dans l’autre sens mais on est heureux de retrouver le public. Ça va faire du bien de revivre ses moments-là, de redécouvrir cette atmosphère. Ça manque aux joueurs, aux arbitres ou à l’environnement d’avoir ces spectateurs.

J’ai du mal à réaliser qu’il s’agit, à chaque fois, de premières. C’est vraiment quand j’arrêterai ma carrière que je me rendrai compte de ce parcours d’athlète passionnée par son sport, passionnée par ce qu’elle fait. C’est donc important pour la passionnée que je suis, pas pour la femme. J’ai toujours voulu m’associer à la compétence et non à mon genre. Je me dis que j’y suis par mes qualités.

Quel a été votre programme en vue de cette échéance ?
Nous avons effectué un stage de trois jours pour la dernière phase de préparation de l’Euro avec Clément (Turpin) et toute son équipe afin de peaufiner les réglages. On a un suivi quotidien tout au long de la saison avec la Direction technique de l’arbitrage sur l’ensemble des matches de la saison, c’est un vrai accompagnement, un support et un soutien. Le départ pour la Turquie, où sera établi le quartier général des arbitres pour l’Euro, a lieu le lundi 7 juin. Ensuite, on va vivre l’expérience à fond, dès l’arrivée jusqu’au coup d’envoi en espérant aller le plus loin possible.


Stéphanie Frappart lors de son premier match de Ligue des champions Juventus - Kiev en Ligue des champions en décembre 2020 (photo Vincenzo PINTO / AFP).

À titre individuel, c’est la première fois qu’une femme est sélectionnée pour une compétition internationale masculine. Vous innovez encore ! 
(Elle sourit) La première encore oui. Il y a eu d’abord quelques matches de Ligue Europa et derrière un match de Ligue des champions à Turin pour Juventus-Kiev. C’était une nouvelle étape, encore une première. Après, j’ai enchaîné un match de qualifications pour la Coupe du Monde 2022 aux Pays-Bas. J’ai du mal à réaliser qu’il s’agit, à chaque fois, de premières. J’ai du mal à réaliser le parcours que je suis en train de suivre. C’est vraiment quand j’arrêterai ma carrière que je me rendrai compte de ce parcours d’athlète passionnée par son sport, passionnée par ce qu’elle fait. C’est donc important pour la passionnée de foot et d’arbitrage que je suis, pas pour la femme. J’ai toujours voulu m’associer à la compétence et non à mon genre. Je me dis que j’y suis par mes qualités et je retiendrai plutôt ce côté-là. »

« Clément Turpin est au très haut niveau aujourd’hui »

Clément Turpin figure parmi les 18 arbitres centraux sélectionnés par l’UEFA pour l’Euro 2020. Une désignation logique pour Stéphanie Frappart qui le côtoie régulièrement. « C’est quelqu’un d’aussi passionné que moi par l’arbitrage, confie-t-elle. On a vécu de grosses compétitions internationales ensemble à la Coupe du Monde, à la Supercoupe. Il vit des moments exceptionnels. C’est un garçon passionné, accessible, ouvert et très humain. Ce sont toutes ces qualités qui font sa personnalité et qui lui permettent d’être au très haut niveau aujourd’hui. »

 

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