21 mai 1967, la touche finale du général

21 mai 1967, la touche finale du général

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jeudi 21 mai 2020 - 09:00 -

La 50e finale de la Coupe de France est restée dans les mémoires autant par la victoire de l’OL que par l’intervention du général de Gaulle.

La finale du cinquantième anniversaire de la Coupe de France, opposant l’Olympique Lyonnais au FC Sochaux-Montbéliard, approche de son terme et si son issue a longtemps été indécise, elle ne semble plus faire de doute. Après l’ouverture du score de l’international d’origine argentine de l’OL Angel Rambert (1-0, 22e), à laquelle a répliqué le Sochalien Louis Leclerc en première période (1-1, 33e), André Perrin a donné aux Rhodaniens un avantage qui semble décisif à dix minutes de la fin (2-1, 81e).

C’est alors que va survenir le geste qui va immortaliser cette rencontre. Fidèle à une tradition instaurée par Gaston Doumergue en 1927 et respectée depuis par tous ses successeurs, le président de la République Charles de Gaulle honore la finale de sa présence (photo ci-dessous). Et va bientôt s’inscrire dans la légende de l’épreuve.

À la réception d’une balle perdue

Un ballon dégagé par le demi lyonnais lui aussi d’origine argentine Hector Maison, récemment naturalisé français, tombe directement… aux pieds du général ! Lequel s’en saisit immédiatement, se lève et le renvoie à deux mains vers la pelouse, déclenchant l’hilarité du public et de son voisin, le Premier ministre du Québec Daniel Johnson, en visite officielle en France et invité au match (photo principale).

Surprise, la caméra de l’Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) n’a pu capter totalement cette image, très fugitive pour les téléspectacteurs. Heureusement, en contrebas de la tribune officielle, l’œil des photographes, plus prompts à réagir, l’immortalise. Le cliché va faire le tour du monde.

En mars 2011, Hector Maison expliquera à OL TV : "On menait au score à quelques minutes de la fin du match et il fallait à tout prix conserver le résultat. Du coup, j’ai frappé un grand coup dans le ballon qui est allé directement en tribune présidentielle. Le général de Gaulle a alors renvoyé le ballon sous les « vivas » des spectateurs, puis il m’a salué de la main. Aujourd’hui, je suis encore fier de dire que j’ai pu jouer au football avec de Gaulle".

Baisers d’adieux

La rencontre s’achève sur la victoire des Lyonnais, miraculés après une demi-finale remportée à pile ou face dix jours auparavant, sans avoir pu s’imposer sur le terrain après trois matches contre l'AS Angoulême. Fleury Di Nallo, le capitaine des Gones, a donné davantage d’ampleur au succès de son équipe (3-1, 89e) et s’apprête à recevoir le trophée Charles-Simon des mains du chef de l’État. Qui va encore un peu plus marquer cette finale de son empreinte par un autre geste inattendu.

Faisant fi du protocole, le général de Gaulle ne se contente pas de la traditionnelle poignée de mains et embrasse le capitaine lyonnais avant, pour faire bonne mesure, de récidiver avec son homologue sochalien Claude Quittet (photo ci-dessus). Histoire, peut-être, d’inscrire définitivement cette journée dans les annales, après avoir réalisé ce qui est devenu la rentrée de touche la plus célèbre de l’histoire du football français. 


Claude Quittet, Fleury Di Nallo brandissant le trophée, l’arbitre de la finale Robert Lacoste et le président de la République Charles de Gaulle (de gauche à droite).

La rétro du football français

La fiche technique

Le 21 mai 1967 à Paris (Parc des Princes).
Spectateurs : 32 523.
Arbitre : Robert Lacoste.

Olympique Lyonnais bat FC Sochaux-Montbéliard 3-1 (1-1).
Buts : Rambert (22e), Perrin (81e), Di Nallo (89e) pour Lyon ; Leclerc (33e) pour Sochaux.

Olympique Lyonnais : Michel Zewulko – Erwin Kuffer, Marcel Leborgne, Jacques Glyczinski – Lucien Degeorges, Hector Maison – René Rocco, Robert Nouzaret, André Perrin, Fleury Di Nallo (cap), Angel Rambert.
Entraîneur : Louis Hon

FC Sochaux-Montbéliard : Elefterios Manolios – Alain Marconnet, Jean-Marie Zimmermann, Claude Quittet (cap), Jacques Andrieux – Eugène Laffon, Robert Dewilder, Louis Leclerc, Maryan Wisnieski – Guy Lassalette, Ady Schmit.
Entraîneur : Georges Vuillaume.