Hugo Lloris : "Une énorme fierté"

Hugo Lloris : "Une énorme fierté"

Hugo Lloris

mercredi 26 décembre 2018 - 08:30 -

À​ l’heure des bilans de fin d’année, Hugo Lloris revient sur le sacre mondial des Bleus décroché le 15 juillet dernier à Moscou (Russie). Le capitaine de l'Équipe de France nous livre ses souvenirs.

Quelle image gardez-vous de la Coupe du monde 2018 ?

"Si j’avais à retenir un seul moment ce serait la scène finale sur la pelouse du Stade Loujniki après France-Croatie (4-2). Lever ce trophée avec tous mes coéquipiers, c’est symbolique. On est alors sur le toit du monde. À chaque Coupe du monde on retient cette image des vainqueurs brandissant le trophée. Tous les quatre ans, c’est l’image forte de la compétition. Cet instant marque l’histoire de notre sport".

Comment avez-vous vécu cette édition 2018, des critiques au sacre mondial ?

"L’aventure a été crescendo. Nous sommes progressivement montés en puissance. Sans réaliser des performances exceptionnelles, nous avons très bien géré la phase de poules, en maîtrisant notre sujet contre l’Australie (2-1), le Pérou (1-0) puis le Danemark (0-0). En huitièmes de finale, le match face à l’Argentine est un peu fou-fou (4-3). Cette victoire nous a permis de réaliser que nous avions le potentiel, la capacité, d’aller au bout de cette épreuve. Nous avons enchaîné par des matches parfaits face à l’Uruguay (2-0) puis la Belgique en demi-finale (1-0)".

Quelle a été la rencontre la plus compliquée ?

"Honnêtement l’ensemble de la compétition a été difficile. Chaque étape demande une exigence suprême. Plus tu te rapproches de la finale, plus tu dois élever ton niveau. Face à l’Australie pour notre entrée dans le tournoi, on se rend compte que si on continue comme ça, on ne passera pas ! Tu te dis que chaque match est une bataille. Le niveau est vraiment très élevé, les matches sont tous compliqués. Pour gagner il faut avoir un état d’esprit irréprochable, du talent et un esprit d’équipe très fort".

Cet esprit d’équipe c’était aussi la force de ce groupe ?

"Tu ne peux pas uniquement te reposer sur le talent. Notre esprit d’équipe a fait la différence. C’est avant tout de la responsabilité du coach (Didier Deschamps) et de son staff. C’est vingt-trois joueurs, un staff, tous unis, pointés vers un même objectif. Quel que soit le style de jeu, les mises en place, l'important c’est d’avoir vingt-trois joueurs concernés, qui vont dans le même sens. Après dans le football, il existe plusieurs vérités, plusieurs façons de jouer. Partager cet objectif, avoir cette volonté au quotidien, a été la force de ce groupe, joueurs et staff, pendant 56 jours".

Au coup de sifflet final face à la Croatie, quel est votre ressenti, quelles émotions vous traversent ?

"C’est un peu le vide ! C’est la fin du match mais tu ne réalises pas vraiment. Tout le monde court dans tous les sens, les supporters français exultent aussi dans les tribunes. Jusqu’à ce dernier coup de sifflet, tu es un acteur majeur dans cette compétition et tout d’un coup tu deviens un spectateur l’espace de quelques secondes. Le temps s’arrête, tu regardes autour de toi. Le film de ta carrière repasse rapidement dans ta tête".

Votre famille était présente au Stade Loujniki.

"Ma première envie a été de retrouver mes filles, présentes dans les tribunes. Elles avaient fait le déplacement à Moscou avec mon épouse et j’avais à cœur de partager ce moment avec elles. Nous ne nous étions pas vus depuis un mois et demi. Déjà lors de l’échauffement, je les avais aperçues en rentrant dans le vestiaire. J’allais disputer une finale de Coupe du monde et en voyant mes enfants, leur sourire, leur insouciance, j’ai oublié tout le contexte autour de moi, les enjeux, le temps de quelques secondes. Après tu bascules dans la finale mais ce moment d’échange avec tes proches fait du bien. À la fin du match, j’avais envie de les retrouver. Elles étaient contentes, fières. Elles sont venues sur le terrain, nous avons pris des photos avec le trophée. Inoubliable".

Que retenez-vous de cette aventure ?

"C’est une énorme fierté, un aboutissement dans une carrière. Ce n’est pas donné à tout le monde d’être champion du monde. D’immenses joueurs qui ont réalisé d’immenses carrières n’ont pas cette ligne à leur palmarès. C’est un privilège, une grande réussite. Gagner avec le maillot de son équipe nationale, cela a un impact fort. Chacun d’entre nous s’en est rendu compte en revenant en France et même au quotidien depuis le 15 juillet dernier. Les Français aiment le football, ils aiment l’Équipe de France. Les Français nous sont reconnaissants pour cette victoire, comme cela a été le cas en 1998".

Et maintenant ?

"Je me suis replongé rapidement dans mon quotidien en club avec Tottenham, la Premier League, l’UEFA Champions League. Pour l’Équipe de France ce sont désormais les qualifications pour l’Euro 2020. De nouveaux challenges, de nouveaux défis en perspective. À présent, nous serons toujours étiquetés champions du monde et j’en suis très heureux".

 

LES ÉPISODES DE LA RÉTRO 2018

Coupe de France - Mathieu Pichot (Les Herbiers VF)
Équipe de France - Didier Deschamps
Équipe de France futsal - Pierre Jacky
Équipe de France féminine - Corinne Diacre
Coupe Gambardella-CA - Yehvann Diouf (ES Troyes AC)
e-Foot de France - Fabien Devide
Arbitrage - Pascal Garibian
FFF - Noël Le Graët
Football féminin - Brigitte Henriques

 

À VOIR

Rendez-vous le jeudi 3 janvier 2019 : le document exclusif de la FFF, dans les coulisses de la finale de la Coupe du monde 2018 !