3 juin 2019, la FFF fête sa 1000e arbitre

3 juin 2019, la FFF fête sa 1000e arbitre

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mercredi 3 juin 2020 - 08:30 -

Le 3 juin 2019, quelques jours avant le début de la Coupe du monde féminine, la FFF célébrait sa 1000e arbitre femme. Léa Cruciani, 14 ans, était chaperonnée pour l’occasion par Marie-Anne Bessard, première femme arbitre du football français.

Soixante-dix ans les séparent, mais une passion les unit : l’arbitrage. Il fallait bien une activité encore peu répandue chez les femmes pour réunir une Martiniquaise de 85 ans et une Gardoise de 14 printemps. En ce 3 juin 2019, alors qu’un ciel d’encre déverse des seaux d’eau sur Clairefontaine, Marie-Anne Bessard et Léa Cruciani devisent avec une belle complicité de leurs aventures au centre du jeu.

Dans quelques instants, Léa pénètrera au bras de son aînée dans l’amphithéâtre du Centre National du Football pour être célébrée par la FFF comme la 1000e arbitre féminine en France. Une image symbolique entre celle qui incarne le développement de l’arbitrage féminin et la toute première arbitre féminine du football tricolore. "Je suis heureuse aujourd’hui, la transmission s’est faite. Léa est comme ma petite fille qui m’arrive sur un plateau d’argent", jubile celle qui est venue de son île à l’invitation de la Fédération. "Je suis très fière d’être là, et c’est un honneur d’être avec Marie-Anne aujourd’hui", lui répond l’adolescente.

8 mai 1966, première !

Qu’est-ce qui a poussé la collégienne à devenir arbitre ? "J’ai choisi cette voie pour gagner en confiance et pour mieux connaître les règles car je suis aussi joueuse. Ça m’apprend beaucoup", confie la licenciée du club Foot Féminin Nîmes Métropole Gard. C’est aussi pour mieux appréhender les lois du jeu que Marie-Anne Bessard s’est aventurée dans l’arbitrage. "Je suivais mon mari, joueur amateur. Le hors-jeu me posait vraiment un problème ! J’ai pris des cours et passé le concours".

Admise avec brio (7e sur 39 candidats), l’enseignante est autorisée par la FFF à arbitrer. Le 8 mai 1966 à Case-Pilote, Marie-Anne Bessard dirige une rencontre de jeunes, devenant ainsi la première femme en France à arbitrer un match de football. L’institutrice écrit l’histoire avant l’heure puisque la Fédération attendra encore quatre ans avant de reconnaître officiellement le football féminin.

À l’image de la pratique qui a réellement décollé à partir de 2011, l’arbitrage féminin a pris son essor grâce au plan de féminisation initié par la FFF. Son développement, piloté au quotidien par la Direction technique de l’Arbitrage (DTA), sous l'égide de la Commission fédérale des Arbitres (CFA), et supervisé par Laura Georges (photo, à droite), secrétaire générale de la FFF, s’est traduit par une augmentation sensible des effectifs, comme l’indique l’ex-internationale : "Notre souhait était de passer la barre des 1 000 femmes arbitres au moment de la Coupe du monde. Objectif atteint. Notre volonté est d’en avoir toujours plus." Près de 200 autres ont rejoint les rangs lors de la saison 2019-2020.

Pour le plus grand plaisir d’Alain Sars (photo, au centre), DTA adjoint en charge du secteur amateur : "Les femmes apportent beaucoup de finesse et de délicatesse à l’arbitrage, tout en se montrant fermes dans leurs décisions." Avant de regagner la Martinique, Marie-Anne incitait les femmes, et les jeunes en particulier, à suivre son exemple : "L’arbitrage est une école de la vie. Cela apporte de la confiance et de l’assurance."

Quelques jours après les encouragements de la pionnière des arbitres tricolores, Stéphanie Frappart devenait la première arbitre centrale féminine promue en Ligue 1, avant de diriger, le 7 juillet à Lyon, la finale de la Coupe du monde féminine 2019 entre les États-Unis et les Pays-Bas (2-0). En ce début d’été 2019, tous les feux étaient au vert pour l’arbitrage féminin.