Pierre Jacky : "Un tournant pour le futsal"

Pierre Jacky : "Un tournant pour le futsal"

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jeudi 27 décembre 2018 - 08:30 -

Quatrième épisode de la rétro 2018. Pour le futsal français, l'année qui se referme a été riche en événements, comme l'explique le sélectionneur de l'Équipe de France futsal. 

Cette année 2018 a marqué un tournant pour le futsal français. La sélection a participé pour la première fois de son histoire, en janvier, à une phase finale de grande compétition, l'Euro en Slovénie. Un Pôle Espoirs vient de voir le jour à Lyon pour accentuer et accélerer encore un peu plus le développement de la pratique. Pierre Jacky, le sélectionneur national, revient sur ces douze mois historiques.

Pierre, en janvier, vous avez participé à l'Euro en Slovénie, pour la première apparition de la France en phase finale d'une grande compétition. Quels souvenirs en conservez-vous ?

"C'est avant tout le résultat d'un travail acharné depuis plusieurs années maintenant. Cela concrétise tous les efforts entrepris par la Fédération, les pratiquants. C'est une forme d'aboutissement, assurément. Pouvoir faire partie du gotha européen, se mesurer aux meilleures nations du continent, c'est un rêve devenu réalité pour l'ensemble du futsal français. Sportivement, cette expérience nous a fait grandir, mûrir. Pour notre premier match, nous avons affronté l'Espagne, sept fois vainqueur de la compétition. Nous sommes passés très près d'un véritable exploit puisque nous menions 4-2 à quelques minutes de la fin du match. Nous avons été rejoints mais ce résultat nul (4-4) face à l'une des références de la discipline m'a rempli de fierté. J'ai vu des joueurs soudés, solidaires, heureux de défendre le maillot bleu et de donner la meilleure image possible du futsal français. Cela restera à vie, pour l'ensemble du groupe. On demeurera des pionniers."

La suite de cette année 2018 a été à la hauteur de cet Euro, avec des résultats historiques.

"Sur cette année civile, sur nos dix rencontres disputées, nous n'avons perdu qu'un seul match, face à l'Azerbaïdjan à l'Euro. Surtout, nous nous mesurons maintenant aux meilleures nations et c'est excellent pour le développement du Futsal. Nous avons rencontré l'Ukraine (3-1, 1-1), le Japon (4-1, 1-1), la Suède (5-2, 3-0) et récemment l'Italie (3-3, 2-2). Ces nations, il y a encore trois ou quatre ans, ne souhaitaient pas nous affronter car elles estimaient notre niveau insuffisant. Aujourd'hui, la tendance s'est inversée car elles nous sollicitent. C'est la meilleure preuve de notre progression. C'est la première fois dans notre histoire que nous enregistrons des résultats aussi positifs. Cette année 2018 marquera un tournant. Il faut maintenant la bonifier et continuer, avec humilité, à développer notre modèle de futsal à la française pour que ces résultats historiques deviennent la norme dans quelques années."

Pour cela, vous pouvez compter sur un nouvel atout de taille, le Pôle Espoirs Futsal de Lyon.

"A l'image de ce qui a été entrepris il y a quelques années pour le football féminin, un grand plan de développement a été mis en place pour le Futsal. La création de ce Pôle Espoirs est la première pierre de ce projet. Il va nous permettre de former nos meilleurs jeunes, de poser les jalons pour le futur. Le chemin sera long, nous ne sommes qu'au début et il faudra attendre une dizaine d'années pour récolter les fruits de ce travail. On a aussi créé la Licence club Futsal qui va donner un gage d'assurance et de qualité en matière de formation. C'est un travail de longue haleine mais il est passionnant car nous avons tout à créer."

L'année 2019 qui arrive sera aussi jalonnée de nombreux défis.

"On va avoir un programme chargé. Nous allons affronter la Slovénie, une référence européenne, qui a été quart de finaliste du dernier Euro. Nous irons ensuite en Argentine défier par deux fois les champions du monde en titre. Pour nous, c'est un honneur et une grande responsabilité. Le point culminant de cette année sera le tour principal des éliminatoires de la Coupe du monde que nous organiserons en France au mois de septembre. C'est un événement très important, à domicile, j'espère que le public viendra nombreux pour nous soutenir. Il permettra de juger nos progrès. Se qualifier pour le Mondial, c'est encore plus dur que pour un Euro car les places réservées à la zone Europe sont chères. Avec l'état d'esprit des joueurs, tout est possible s’ils conservent cette humilité, cette passion et je dirais même ce militantisme pour le Futsal. Nous affronterons la Serbie dans ce tournoi, un poids lourd du Futsal, et deux nations issues du tour préliminaire. Ce sera nouveau pour nous car face à ces dernières, nous devrons assumer un rôle inédit de favori. Ce sera un paramètre important à prendre en compte dans la préparation et la gestion des matches."

Si vous ne deviez conserver qu'une image de 2018, laquelle serait-elle ?

"Notre premier match de l'Euro face aux Espagnols. Nous avons inscrit quatre buts face à une nation référence alors que c'était notre première participation. Nous avons rivalisé avec un "monstre" sur l'échiquier mondial. Je garde en tête le dévouement, le dépassement de soi de chaque joueur sur ce match. Ce résultat a fait naître beaucoup d'espoirs et a permis aux joueurs de se rendre compte qu'ils étaient capables de rivaliser avec les stars qu'ils voient d'habitude à la télévision. C'est évidemment pour nous le match référence de 2018 sur lequel nous pouvons et devons nous appuyer. On en a tiré de nombreux enseignements qui j'en suis sûr, vous nous servir pour le futur. Avec toujours à l'esprit de garder nos valeurs : humilité, modestie et travail."

 

LES ÉPISODES DE LA RÉTRO 2018

 

Coupe de France - Mathieu Pichot (Les Herbiers VF)
Équipe de France - Didier Deschamps
Équipe de France - Hugo Lloris
Équipe de France féminine - Corinne Diacre
Coupe Gambardella-CA - Yehvann Diouf (ES Troyes AC)
e-Foot de France - Fabien Devide
Arbitrage - Pascal Garibian
FFF - Noël Le Graët
Football féminin - Brigitte Henriques