Brigitte Henriques : "Toujours formidable"

Brigitte Henriques : "Toujours formidable"

Brigitte Henriques

mardi 1 janvier 2019 - 08:30 -

La vice-présidente déléguée de la FFF, également vice-présidente du Comité d'organisation de la Coupe du monde féminine de la FIFA, France 2019, revient sur une année 2018 bien remplie pour le football féminin. En attendant le grand rendez-vous du Mondial (7 juin-7 juillet). 

En 2018, le nombre de licenciées s’est une nouvelle fois accru. C’est une satisfaction ?

"Bien sûr. La progression entamée en 2011 se poursuit, un peu plus de 16 000 nouvelles licenciées, essentiellement des pratiquantes, nous ont rejoint en 2018 pour nous amener désormais près de la barre des 170 000. Chez les enfants (+ 20 %), les adolescentes (+ 12 %), les seniors (+ 5,6 %) mais aussi les arbitres (+ 18 %), tous les indicateurs sont au vert. Ces chiffres ont d’autant plus de sens qu’ils sont à mettre en corrélation avec un vrai travail de fond à tous les niveaux, de la FFF jusqu’aux clubs. Ainsi, 6 000 équipes féminines sont engagées dans les différents championnats (deux fois plus qu'en 2012), 2 600 clubs en possèdent au moins une (+ 70 % depuis 2012), et 498 nouveaux clubs ont obtenu le Label École féminine de Football en 2018".

La féminisation trouve progressivement sa place dans le paysage du football français ?

"Je préfère parler de mixité qui symbolise davantage le mélange, mais oui, tout montre que l’enracinement souhaité s’opère. Nous le devons au travail de toutes les composantes et les familles de notre sport, aux instances régionales et départementales qui relaient la politique fédérale sur leurs territoires, aux hommes et aux femmes des commissions qui mettent en œuvre les actions de la FFF, aux dirigeants, éducateurs et bénévoles des clubs. Chacun contribue à sa manière à la réussite d’opérations telles que la Semaine du football féminin, Mesdames franchissez la barrière ou de Foot à l’école, et au final à l’atteinte des objectifs. C'est toujours aussi formidable".

Quels autres faits marquants retenez-vous de l’année écoulée ?

"D'abord, l’organisation du Mondial des U20 féminines l’été dernier, en Bretagne. Nos Bleuettes n’ont pu se hisser en finale, mais la fête a été réussie sur le plan populaire avec plus de 45 000 spectateurs sur les stades, une belle récompense pour la Ligue de Bretagne et le Comité d’organisation. La sélection U19 féminine a participé à l’Euro de sa catégorie et notre arbitre Stéphanie Frappart a été retenue par la FIFA pour la Coupe du monde, avec son assistante Manuela Nicolosi. Un huitième pôle Espoirs féminin a également ouvert ses portes, à Mérignac. Enfin, je n'oublie pas l’Olympique Lyonnais qui a conquis un nouveau titre de champion et a établi de nouveaux records en UEFA Women’s Champions League avec une cinquième couronne, la troisième d’affilée." 

Vous avez aussi suivi de près la préparation des Bleues pour le grand rendez-vous de 2019...

"Elles ont beaucoup travaillé oui, avec des résultats très intéressants, le groupe se construit, mais je laisse Corinne Diacre dresser le bilan sportif. Je note surtout que nos Bleues, qui ont terminé l’année à la troisième place du classement mondial, sont fortement soutenues partout où elles jouent. Elles connaissent désormais leurs adversaires du premier tour, et nous avons tous hâte d’assister au match d’ouverture contre la Corée du Sud, le 7 juin prochain à Paris. Au Parc des Princes, ce n’est pas rien !"

Encore quelques mois à attendre, après une année 2018 bien remplie pour le Comité d’organisation ?

"Un bon bout de chemin a été accompli oui, avec des étapes importantes : l’annonce du calendrier de la compétition, la présentation d’Éttie, la mascotte, le lancement du programme Volontaires puis celui de la billetterie, sans oublier le tirage au sort. Nous avons encore quelques datés-clés en perspective, le jour J-100, le 27 février, le jour J-50, le 18 avril, ainsi que le rassemblement de tous les Volontaires, en mars. Leur recrutement est désormais terminé. Cette Coupe du monde représente un défi et même une responsabilité. Nous voulons qu’elle soit à la fois une réussite sportive, un très bel événement populaire national, qu’elle rayonne sur tout le territoire et dans tout le football. Nous visons aussi l’excellence organisationnelle pour ce premier Mondial féminin dans notre pays".

Quels seront les ingrédients de la réussite ?

"La mobilisation de tous est essentielle. Depuis deux ans, les villes-hôtes sont extrêmement mobilisées, persuadées que cette Coupe du Monde sera, au-delà d’un événement sportif, un vrai levier de politique publique. On a bien entendu besoin de tout le football, amateur et professionnel, pour que ce rendez-vous soit connu, promu et célébré dans tous les clubs. Chacune des ligues régionales de la FFF a reçu 500 kg de supports de communication, cartes postales, posters, affiches, etc. Les Bleues auront besoin de l’enthousiasme de nos 2 millions de licenciés pour ajouter un deuxième trophée à celui conquis par les garçons en 2018. Cela serait extraordinaire !"

Remplir les stades est un enjeu important ?

"Oui et notre stratégie billetterie a été bâtie pour servir cette ambition. 1,3 millions de billets ont été mis en vente à des prix très abordables et avec une réduction de 15 % pour les licenciés. Certains packs permettent d’assister à trois matches pour 25 euros. L’état des ventes est plutôt enthousiasmant, avec une proportion de 50 % à l’étranger, notamment aux États-Unis pour les demi-finales et la finale à Lyon. C’est bien parti, mais nous devons continuer à être proactifs pour donner envie aux gens de venir au stade".  

Cette Coupe du monde doit aussi servir le développement d’ensemble de la pratique ?

"Sa réussite se mesurera également à l’aune de l’héritage qu’elle laissera à notre football féminin à l’horizon 2020, avec des objectifs ambitieux : 250 000 licenciées, 8 000 équipes 100 % féminines, 1 500 écoles féminines de football... Tout cela s’inscrit dans le plan Héritage 2019 dont les premiers effets sont déjà là pour permettre l'accueil de nouvelles licenciées. Grâce à un abondement de 20 % sur le Fonds d’aide au football amateur (FAFA), 130 projets d’infrastructures dédiés au public féminin (clubs-house, vestiaires, terrains) ont bénéficié d’un financement. Par ailleurs, les écoles féminines de football labellisées ont reçu davantage de dotations en matériel, les efforts en faveur de la formation ont été accentués, et la Licence club FFF sera validée en fin de saison pour les clubs de D1 féminine. Comme je le dis souvent, jamais le football féminin n’a connu une telle effervescence !"

LES ÉPISODES DE LA RÉTRO 2018

Coupe de France - Mathieu Pichot (Les Herbiers VF)
Équipe de France - Didier Deschamps
Équipe de France - Hugo Lloris
Équipe de France Futsal - Pierre Jacky
Équipe de France Féminine - Corinne Diacre
Coupe Gambardella-CA - Yehvann Diouf (ES Troyes AC)
e-Foot de France - Fabien Devide
Arbitrage - Pascal Garibian
FFF - Noël Le Graët
Football féminin - Brigitte Henriques